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Lilly Wachowski règle ses comptes avec Hollywood

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Dans les colonnes du Hollywood Reporter, la co-réalisatrice de la saga Matrix justifie son éloignement des studios hollywoodiens et défend la cause LGBTQ+.

En 1999, à l’aube d’un nouveau millénaire, sortait le premier volet de la saga futuriste culte Matrix, réalisé par les soeurs Wachowski, alors peu identifiées dans le paysage cinématographique américain. Cette dystopie cyberpunk, qui imagine un monde dirigé par une Matrice par le truchement de son héros Neo (interprété par Keanu Reeves), a été analysé sous toutes les coutures. En plus de ses innovations dans le domaine des effets spéciaux (le fameux effet « bullet time », qui se déploie dans la célébrissime scène où Neo esquive des balles au ralenti), d’aucuns ont décelé des références philosophiques (Platon) et littéraires (Les Aventures d’Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll) quand d’autres y voyaient carrément un film complotiste.

Après deux suites aux succès moindres (Reloaded et Revolutions), et un autre film – Speed Racer, qui revisitait le mythe de David et Goliath – boudé par le public, on apprenait récemment qu’un quatrième volet de Matrix, uniquement réalisé par Lana Wachowski, était en préparation.

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Dans un entretien passionnant, publié dans les colonnes d’Hollywood Reporter, sa soeur Lilly Wachowski, qui produit de son côté la série queer Work in Progress une comédie autour de la rencontre entre une femme lesbienne et un jeune homme trans – s’en prend à l’industrie hollywoodienne, qui discrimine selon elle les minorités : « J’en veux à cette industrie, j’ai l’impression d’avoir perdu beaucoup de temps à cause d’elle. Réaliser un film, c’est comme entrer dans une matrice qui déforme le temps, qui vous prend, vous balance dans tous les sens, et vous en sortez dix-huit ans plus tard. C’est comme ça pour chaque film. Matrix est né d’une rage et d’une colère […] contre le capitalisme, l’oppression systémique, structurée, inhérente à cette industrie. Cette rage fiévreuse, bouillonnante, que je ressentais par rapport à mon propre sentiment d’oppression, lié au fait que j’ai été forcée à rester dans le placard [comme sa soeur Lana, Lilly Wachowski a entamé une transition au cours des années 2010, ndlr]. »

À travers cette touchante déclaration se dessine aussi une réflexion politique profonde qui pointe les dysfonctionnements d’Hollywood et éclaire en même temps d’une lumière nouvelle la genèse du premier Matrix. En attendant de découvrir Matrix 4, qui devrait sortir en mai 2021 (la date reste encore à confirmer), vous pouvez regarder la série Work in Progress sur Canal+, juste ici.

À LIRE AUSSI >> Décryptage : la représentation des personnes trans à l’écran 

Image : Lilly Wachowski (AFP/Frederick M. Brown)

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