« Les voyages de Tereza » de Gabriel Mascaro : une drôle de fable SF sur la vieillesse

GRAND PRIX DU JURY à la Berlinale 2025, le nouveau film du cinéaste brésilien Gabriel Mascaro est une fable dystopique réjouissante qui navigue sur les rivières d’Amazonie. Une grande réflexion sur la vieillesse et ses désirs.


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« L’avenir est pour tous » proclame en grosses lettres un avion publicitaire survolant la bicoque de Tereza en bordure de l’Amazonie. Slogan politique à double tranchant d’un gouvernement brésilien dystopique, qui envoie tous les septuagénaires du pays dans une colonie pour seniors.

Quand vient son tour, Tereza utilise ses derniers jours de liberté pour réaliser son rêve de prendre l’avion. Mais elle est emportée dans un voyage picaresque fluvial, qui tourne à la cavale. On assiste alors à un « boat movie » où les rivières de l’Amazonie, comme des veines ancestrales, tracent la promesse d’un futur vierge de toute obligation. Tereza y rencontre un contrebandier au cœur brisé (Rodrigo Santoro, l’éternel prêtre amoureux de la célèbre telenovela Hilda Furacão), puis une prédicatrice septuagénaire de bibles électroniques avec qui Tereza découvre un nouveau métier et une nouvelle forme d’amour…

Sous la forme d’une drôle de fable SF où se croisent des escargots hallucinogènes, des casinos clandestins flottants et des usines à crocodiles, le film de Gabriel Mascaro donne un autre regard sur les récits de fin de vie. Prenant au pied de la lettre l’injonction publicitaire du début, le film décentre la question du vieillissement de la nostalgie et offre à Tereza un futur, ici indissociable de l’échappée, du désir et de l’insurrection.

Les voyages de Tereza de Gabriel Mascaro, en salle le 11 février, Paname Distribution (1 h 27)