« Les Matins merveilleux » d’Avril Besson : une éblouissante éclosion amoureuse

En reprenant les héroïnes de son court métrage « Queen Size » (2023), Avril Besson sublime India Hair et Raya Martigny dans un magnifique premier long métrage mélancolique, traversé par le deuil.


les matins merveilleux
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Au lendemain de l’enterrement de sa grand-mère, Charlie, une trentenaire « sans thune ni mec » quitte la capitale à bord de sa Twingo, une collection de vinyles dans le coffre, direction le sud de la France. Ce périple hivernal ranime en elle les fantômes du passé au contact du premier flirt de sa mère, un caviste amateur de disco interprété par Éric Cantona. Les jours passent et elle se rapproche de Marina, qui est contrainte de s’occuper de son parrain vieillissant et d’avoir la plage de Cavalière comme seul horizon…

Cette dramédie, présentée en Séance spéciale au dernier Festival de Cannes, diffuse une humeur douce-amère qui ne sombre jamais dans un chagrin absolu lié au traitement du deuil. Avril Besson s’attarde plutôt sur l’éclosion amoureuse entre deux femmes que tout semble opposer. L’alchimie de ce duo d’actrices scintille et se distingue nettement dans le paysage hétéronormatif du cinéma d’auteur français.

Une histoire d’amour qui ne justifie ni le genre ni l’orientation sexuelle de ses personnages, essayant au contraire de donner à voir une nouvelle façon de faire couple. Si India Hair confirme une fois de plus l’étendue de son registre, Raya Martigny (mannequin et actrice récurrente chez Alexis Langlois) révèle une intimité et une vulnérabilité encore jamais explorées.

Les Matins merveilleux d’Avril Besson, sortie le 29 juillet, Arizona (1 h 27)