« Julian » de Cato Kusters : une romance lesbienne poignante

Pour son premier long métrage, inspiré du livre du même nom de Fleur Pierets, la Belge Cato Kusters, 26 ans, réalise un beau film sur la rencontre amoureuse et son deuil.


julian
JHR Films

Un soir au théâtre, Fleur (Nina Meurisse) croise le regard de Julian (Laurence Roothooft). Le moment est furtif, la salle déjà plongée dans le noir, mais les yeux de Fleur restent rivés à la nuque nue et aux cheveux courts de Julian, de dos. Cato Kusters filme la rencontre amoureuse entre ces deux protagonistes comme une fulgurance. Un instant qui arrive sans prévenir et dont Fleur ressent immédiatement la haute valeur.

C’est une belle idée que celle de Julian d’associer sa romance à un élément aussi fragile et petit que celui qui compose la mécanique aléatoire de l’instant. Tout le film repose sur cette dialectique entre le petit et le grand, entre l’éphémère du moment et la démesure des sentiments, entre l’image tremblante et fragile d’une caméra DV retraçant un quotidien amoureux et celle plus léchée et cadrée du film en cours.

« Quelque chose de très grand », dit Fleur à Julian pour qualifier le projet titanesque qui les poussera à parcourir le monde pour se marier dans tous les pays où les deux femmes y sont autorisées, avant que la maladie ne s’invite dans leur idylle. Tout Julian s’éprouve comme un film de fantôme et se trouve chargé, dès son ouverture, d’une part crépusculaire émotive mais pudique, qui s’appesantit moins sur l’agonie de la maladie que sur ce qu’il y a à conserver d’une vie.

Julian, en salle le 25 mars, de Cato Kusters, JHR Films (1 h 31).