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Jia Zhangke analyse pour IndieWire l’impact du coronavirus sur l’économie du cinéma en Chine

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En marge de la Berlinale, le réalisateur chinois a évoqué dans une interview au site américain la paralysie dont est victime le marché du film suite à la propagation du virus.

Venu présenter son nouveau documentaire Swimming out till the Sea Turns Blue -anciennement intitulé So Close ot My Land-lors de la 70ème édition du Festival International du Film de Berlin qui s’est ouverte vendredi dernier, le réalisateur a évoqué dans une interview à Indiewire les conséquences de l’épidémie du coronavirus sur l’économie chinoise, et plus précisément sur l’industrie du cinéma, paralysée par les mesures de sécurité qui touchent le pays.

Lui-même a du reporter l’avancée d’une fiction suite à l’irruption du virus dans la région de Wuhan en décembre dernier. « Nous ne pouvons pas encore nous lancer dans la pré-production nécessaire pour que le tournage commence en avril », a-t-il raconté. Son film, qui suivra de « jeunes chinois dans l’ici et du maintenant », s’étendra du printemps à l’été – on connaît le goût du réalisateur pour les fresques temporelles épousant les différents visages de la jeunesse de son pays. Ce qui vaut aussi dire que le tournage ne pourra pas se faire avant l’année prochaine : « Peut-être allons-nous écrire un nouveau scénario », anticipe-t-il. Elargissant les conséquences de ce virus qui a fait, à l’heure où l’on écrit, 2 592 victimes en Chine continentale d’après les chiffres rapportés par Le Progrès, Jia Zhangke parle du fait que la plupart des productions cinématographiques et télévisuelles ont été retardées par l’Administration générale de la presse, de l’édition, de la radiodiffusion, du cinéma et de la télévision, qui a déclaré l’arrêt momentané de tous les projets en cours.

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Pour certaines sociétés et studios de cinéma déjà impliqués dans la pré-production, « beaucoup de coûts se volatilisent, et ceux qui ont déjà commencé la production doivent d’une manière ou d’une autre être raccourcis ou suspendus », a déclaré Jia Zhangke. Certaines boîtes de production et studios de cinéma « sont déjà en train de distribuer des films, ont payé beaucoup de frais de promotion, de relations publiques. L’économie est en train de prendre un coup énorme, et je pense que les investissements vont également être très touchés. » 
L’épidémie a aussi, selon lui, modifié les pratiques des spectateurs, qui désertent les salles, menaçant la rentabilité des multiplexes chinois : « Je ne pense pas que le public voudra aller dans les salles de cinéma avant un mois environ. Je pense que le public ne reviendra pas avant juin ou août dans les salles ». 
Depuis quelques années, le marché du cinéma est devenu crucial pour l’économie chinoise, lui permettant de concurrencer largement les Etats-Unis. Avec 60.000 écrans, la Chine a totalisé l’an dernier 9,2 milliards de dollars, contre 1,5 milliard en 2010, aspirant à devenir le premier marché mondial en termes de box-office, comme l’explique cet article du Figaro.
Une ambition aujourd’hui menacée par l’endiguement de la crise sanitaire, qui risque de profiter à un internet – citons le studio Huanxi Media, qui a diffusé directement en ligne sa comédie Lost in Russia, plutôt que de prendre le risque de reporter sa sortie. Comme le note Le Parisien, l’épidémie profite globalement aux plateformes vidéos, et certaines grandes chaînes de cinémas (Wanda, Bona, Dadi et Lumiere Pavilions) ont même menacé dans une lettre de boycotter les prochains films de Huanxi. De la même façon, Disney, qui misait gros sur la sortie de son blockbuster Mulan au printemps, a avoué ne pas savoir quand le film pourrait finalement sortir – un phénomène paralysant, surtout quand on sait qu’un tiers des recettes en Chine est généré par des films étrangers, dont des superproductions hollywoodiennes.

 

Photographie: Philippe Quaisse/Pasco

 

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