CANNES 2026 · « Je vois des immeubles tomber comme la foudre » de Clio Barnard : brillant jeu d’équilibriste

Présenté à la Quinzaine des cinéastes, le cinquième film de la britannique Clio Barnard évite les écueils du drame social grâce à des personnages formidablement bien écrits et une vision très moderne des amitiés.


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« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme », aurait dit le chimiste Antoine Lavoisier à la fin du XVIIIe siècle, posant les bases de la loi sur la conservation de la matière. Si la seule chimie, dans Je vois des immeubles tomber comme la foudre, est celle qui permet de fabriquer la drogue qu’ingèrent parfois Patrick, Conor, Rian, Shiv et Oli, le film suit le même principe.

Ce que l’on conserve ici, c’est le souvenir des rues pauvres de Birmingham, que seul Rian a réussi à fuir. Ce sont aussi les liens au sein d’un groupe uni par bien plus que l’habitude. Tous ses membres, en revanche, se transforment. L’avenir semble radieux pour Conor, futur papa et chef d’un gros chantier, Oli est un petit dealer sans principe, Patrick un livreur à vélo qui galère financièrement mais s’épanouit dans son couple avec Shiv. Jusqu’à ce que tout s’inverse, que la déglingue quitte les uns pour rattraper ceux qui se croyaient à l’abri.

Le cinquième film de Clio Barnard (remarquée avec Le Géant Égoïste en 2013) évite les clichés larmoyants du drame social grâce à ce jeu d’équilibriste permanent entre ombre et lumière, des personnages toujours surprenants de profondeur et un art maîtrisé de l’esquisse et de la suggestion dans la mise en scène. Il suffit d’une paire de chaussures pour résumer la lutte des classes ou de la réminiscence d’un effondrement pour donner à une scène de fête des allures de fin du monde. Brillant.

Je vois des immeubles tomber comme la foudre de Clio Barnard (Pyramide Distribution, 1h49)

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