« Iron Lung », le body horror lancinant de Markiplier sort deux jours en salles

Le youtubeur Markiplier étonne avec cette adaptation lancinante, très introspective, d’un jeu vidéo d’horreur sorti en 2022. Le film, qui a déjà récolté quasi 50 millions de dollars de recettes aux Etats-Unis, sort uniquement le 19 et 20 janvier dans les salles françaises sous le label « YouTube Ciné Club » de mk2 alt.


iron lung
Iron Lung / mk2 alt.

« DIY », c’est le credo de Markiplier, qui a produit, écrit, réalisé, monté et joué lui-même Iron Lung, en se disant peut-être qu’on n’était jamais mieux servi que par soi-même. Et il faut bien avouer que l’influenceur a eu raison, puisque son film, un énorme succès, a complètement court-circuité la distribution de films aux États-Unis. Là aussi, il a fait appel à sa propre communauté, des millions d’abonnés qu’il a chargés d’appeler eux-mêmes les salles de cinéma pour programmer son film, sorti là-bas le 30 janvier sur environ 4000 écrans – une diffusion solide, qui n’a rien à envier aux grosses productions.

Iron Lung n’est pas non plus un home movie – il y a une grosse équipe derrière et tout de même un budget de 3 millions de dollars. Mais quand même, cette démarche autodidacte conduit à un film très intérieur, qui retient ses effets jusqu’au dernier moment pour mieux triturer nos angoisses les plus enfouies. Adaptation d’un jeu indé très court signé David Szymanski, le film se pose d’abord comme un huis clos dystopique. Alors que les étoiles et les planètes sont de l’histoire ancienne, un détenu joué par Markiplier est sacrifié par quelques survivants de l’humanité qui le forcent à embarquer dans un vaisseau pas hyper confort. Sa mission ? Aller chercher des infos au plus profond d’un abîme de sang pour, peut-être mais pas sûr, rien de moins que sauver notre espèce.  Le décor du cockpit, minimaliste, évoque les premiers Alien et leur esthétique clinique. L’extérieur, seulement dans notre tête, tient du body horror le plus rouge et poisseux possible.

Tout le film repose sur ce hors champ, sur ce qu’on n’ose pas imaginer. Le prisonnier avance à l’aveugle, terrifié, seulement relié au dehors par une voix féminine pas plus sympa que le Hal de 2001 L’Odyssée de l’espace, et par une sorte de périscope qui lui donne quelques images de l’environnement autour du vaisseau. Celles-ci ne sont que de vagues impressions en noir et blanc, imprécises, grimaçantes, qui tiennent presque de la radiographie d’hôpital.  Peu à peu, ces images sont de plus en plus travaillées par le film comme une métaphore. Ne serait-on pas en train d’explorer un corps malade ? De chercher l’origine d’un mal inconnu au plus profond d’entrailles entortillées ? Le vaisseau lui-même semble alors se métastaser. Et Iron Lung devient alors aussi inquiétant qu’un bilan sanguin doublé d’un examen de conscience.