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[INTERVIEW] : Océan, quel cinéphile es-tu ?

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Engagé contre l’invisibilisation des LGBTQ+, le comédien, réalisateur et humoriste français a lancé le festival des Merveilles, pour mettre en lumière la transidentité au cinéma. Il y présente son film Océan (en salles le 13 novembre), précieux témoignage sur sa transition de genre. Il a répondu avec une belle autodérision à notre questionnaire cinéphile.

Les 3 personnages de fiction qui te ressemblent le plus?

Ripley dans Alien, parce que tuer des monstres en débardeur, sans soutif et le crâne rasé, c’est quand même le plus beau métier du monde. L’alien dans Alien, parce que, quand tu commences une transition de genre, il y a des moments où tu te sens vraiment pas frais. Rocky, parce que je me sens souvent comme un vieux boxeur italien qui mange trop de pâtes, mais qui est toujours prêt à renfiler son jogging. Je le mixerais avec Bridget Jones pour le cœur d’artichaut maladroit que je suis sous mes muscles de rital. OK, j’ai triché, ça fait quatre.

Une comédie qui te fait rire au bout de 3 minutes?

Deux en un des frères Farrelly. J’adore leur filmo, et ce film-là, avec ces deux frères qui font des burgers, est parfait – je raffole des burgers, même si maintenant je m’oblige à les prendre végétariens.

Les 3 personnages trans les plus réussis selon toi?

Je dirais qu’en fiction ils n’existent toujours pas, ce qui est à la fois triste et génial, parce que le meilleur est à venir. Au festival des Merveilles [dont la première édition se tient du 17 octobre au 2 novembre, ndlr], on a sélectionné des films magnifiques sur les trans, comme Call Her Ganda de PJ Raval, Une femme iranienne de Negar Azarbayjani et Screaming Queens de Susan Stryker et Victor Silverman.

3 films qui te donnent envie de battre le pavé?

L’Affaire Josey Aimes de Niki Caro, avec Charlize Theron – que j’aime. C’est un film avec une femme qui se rebelle et dont la bataille personnelle devient collective. Frances de Graeme Clifford, absolument révoltant sur la psychiatrisation et le contrôle du corps des femmes qui revendiquent leur liberté. Fruitvale Station de Ryan Coogler, sur les violences policières aux États-Unis, qui sont malheureusement très fortes en France aussi.

3 histoires d’amour de cinéma que tu envies?

Celle de Coup de foudre à Notting Hill de Roger Mitchell – mais ça, c’est ma petite obsession pour Julia Roberts, j’en parlerai à ma psy. Celle de Carol de Todd Haynes, parce que Cate Blanchett qui quitte son mari pour toi c’est un vrai life goal, non ? Et celle de Call Me by Your Name de Luca Guadagnino, parce qu’être un beau jeune garçon gay qui rencontre un prof de fac sexy en Italie avec qui il fait l’amour partout en espadrilles, what else?

3 leçons de vie apprises au cinéma?

Dans l’effrayant Funny Games de Michael Haneke, qu’il est souvent inutile de psychologiser la violence. Dans Jusqu’à la garde de Xavier Legrand, qu’il faut à tout prix développer les dispositifs d’accueil des femmes battues et être très vigilant(e)s dès les premiers signes de violence. Et enfin, dans Pride de Matthew Warchus, que l’union des luttes (LGBTQ+, ouvrières ou antiracistes) fait la force !

« Festival des Merveilles », du 17 octobre au 2 novembre à L’Entrepôt

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