
En trois longs métrages, Jeanne Herry s’est construit une carrière impressionnante, avec des films aux scénarios très maîtrisés, abordant avec précision des thématiques sociétales. Comme les relations parasociales dans Elle l’adore (2014), l’adoption dans Pupille (2018), ou la justice restaurative dans Je verrai toujours vos visages (2023), qui a rencontré un grand succès critique et commercial, avec plus d’un million d’entrées en salles en France, 9 nominations aux César et un César de la meilleure actrice dans un second rôle pour Adèle Exarchopoulos.

Cette année, la réalisatrice française de 47 ans fera sa première apparition en Compétition à Cannes, avec son quatrième long métrage, Garance, pour lequel elle retrouvera justement Adèle Exarchopoulos.
Cette sélection en compétition n’est pas vraiment surprenante, car ses précédents longs métrages ont fait d’elle un nom important du cinéma français, mais elle marque une étape clé dans sa reconnaissance internationale.

Et sur le papier, ce nouveau film semble en plus très prometteur. Le synopsis officiel laisse présager une œuvre fleuve, qui retrace huit années de la vie de Garance, une actrice alcoolique confrontée à des épreuves très contrastées, entre fêtes, rencontres, déménagements et angoisses…
Ce film ambitieux devrait proposer une exploration fine de la psyché humaine et de la dépendance, et justement, avec ses projets précédents, Jeanne Herry a prouvé sa grande capacité à orchestrer des récits complexes et à capter la richesse des relations humaines, souvent à travers des dispositifs choraux.

Et puis c’est aussi une réalisatrice qui écrit des partitions formidables pour ses acteurs, qu’elle dirige avec beaucoup de précision. Alors autant dire qu’avec le jeu intense et nuancé d’Adèle Exarchopoulos, leurs retrouvailles pourraient clairement faire de l’actrice française une sérieuse candidate au prix d’interprétation féminin à Cannes.
