CANNES 2026 · « La Détention » de Guillaume Massart (ACID) : exercice d’autorité

Sélectionné à l’ACID, le deuxième long métrage de Guillaume Massart (après « La Liberté », 2019) évoque la réalité âpre du métier de surveillant de prison, en suivant leur formation. Un documentaire captivant.


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© TS Productions

La prison, c’est violent, même pour un « maton » : insultes de prisonniers, collègues agressifs ou corrompus, suicides fréquents au quartier disciplinaire…Pour l’avoir déjà vu représentée maintes fois au cinéma, on croit connaitre la chanson. Et pourtant, le film de Massart parvient à renouveler notre regard, et ce, sans jamais nous montrer la prison : à l’écran, nous ne verrons que les cours de formation suivis par une promotion de l’École Nationale d’Administration Pénitentiaire (ENAP).

Tout se joue donc ici dans la parole et le langage corporel, à travers une succession de cas pratiques débattus, d’entrainements physiques et de situations rapportées ou reconstituées de manière théâtrale. A mesure que le film avance, face à la réalité du terrain expérimentée lors de stages, les néophytes semblent perdre leurs illusions de départ sur leur métier.

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© TS Productions

Désemparés, certains osent révéler au groupe leurs nuits blanches causées par le choc carcéral (conséquences psychologiques d’une incarcération, vécues par les prisonniers, mais aussi par leurs geôliers) ou la brutalité des collègues. Si le documentaire a quelque chose d’implacable dans son constat politique sur la question carcérale en France, son intelligence est de tenir le spectateur à la bonne distance, le laisser libre de s’en emparer.