
L’été bat son plein dans ce camping familial au bord d’une plage des Landes. La température monte, les ados profitent de leurs derniers instants de vacances en laissant libre cours à leurs hormones. De son côté, Marouane (Hadrien Hussein), 17 ans, reste en retrait. Quand, après une soirée, une altercation avec un autre ado débouche sur une chute mortelle, il prend l’étrange décision de déplacer le corps et de l’enterrer sous le sable. Au réveil, les remords l’assaillent : et si quelqu’un découvrait ce corps enfoui ?
Après La Fille au bracelet (2020) et Borgo (2024), Stéphane Demoustier renoue avec le récit criminel en adaptant l’intense roman La Chaleur de Victor Jestin (2019). Dans ce récit à la photographie vibrante signée David Chambille (Borgo, L’Inconnu de la Grande Arche), il s’attache à retranscrire la sensation du bouillonnement adolescent, et conjugue teen movie et thriller dans une mise en scène maligne jouant habilement de la tension et du contraste. Alors que les premiers émois de son protagoniste se mêlent à la peur glaçante de voir sa vie voler en éclats, le cinéaste plonge dans la psyché de cet ado légèrement apathique pour lequel tout devient lourd, étouffant et crispant, puis esquisse un drame estival, plus impressionniste que moralisateur.
La Chaleur de Stéphane Demoustier, Mémento (1 h 22), en salle le 8 juillet.