
Cinque secondi s’ouvre sur la campagne toscane hivernale, où le quinquagénaire Adriano (Valerio Mastandrea) vit seul dans d’anciennes écuries de la Villa Guelfi. Il y rumine sa culpabilité avant un procès où il doit comparaître. Quand une communauté de jeunes aux apparences hippies s’installe en face de chez lui pour redonner vie à des vignobles asséchés, la tranquillité du bourgeois Adriano est perturbée et le pousse à aller au contact de Matilde (Galatéa Bellugi), une jeune comtesse enceinte et attachée à son indépendance, qui règne sur cette communauté. Leur rencontre, d’abord conflictuelle, va donner forme à un lien quasi familial qui pourrait bien aider chacun à apaiser ses blessures passées.
Derrière ce récit d’oppositions et de contrastes, Paolo Virzì (Folles de joie, L’Échappée belle) accorde les émotions de ses personnages à un environnement bucolique baigné d’une lumière en constante métamorphose. À coups de flash-back, le récit révèle plusieurs figures touchantes, comme une associée d’Adriano (Valeria Bruni Tedeschi) qui souhaiterait lui remonter le moral, mais se voit elle-même gagnée par le vague à l’âme. Ainsi, la force de ce drame poignant tient à la manière qu’il a de redonner une pleine conscience d’eux-mêmes à des personnages endeuillés, dont les sentiments vont gagner en ardeur.
Cinque Secondi de Paolo Virzì, Pan (1 h 45), en salle le 6 mai.
