
C’est un peu la journée dont Akinola et Olaremi rêvaient. Désobéissant à leur mère, ils accompagnent leur père, qu’ils voient peu, tant celui-ci est accaparé par son travail, à Lagos. Le père profite d’aller chercher sa paye pour faire visiter la mégapole à ses fils. Mais le chemin est compliqué, la ville grouille et se tend, car une crise politique et économique s’annonce. Nous sommes au Nigeria, en 1993, et un coup d’État est en train de se produire…
Avec son premier long métrage semi-autobiographique, Akinola Davies Jr raconte une part de son enfance et de celle de son frère, Wale Davies, coauteur du film. Le récit reste toujours à la hauteur des deux petits bonshommes qui cherchent à comprendre qui est vraiment celui qu’ils appellent « papa ». Leur fascination pour ce père mystère se transmet à un spectateur désarçonné par cette figure aussi sévère que tendre, aussi impressionnante par sa stature que bouleversante par son regard.
Il ne fallait rien de moins qu’un grand acteur pour incarner ce personnage : le cinéaste est allé trouver le Britannique d’ascendance nigériane Sope Dirisu (vu notamment dans la série Gangs of London). Magnifié par une photographie soignée mais jamais surstylisée, Un jour avec mon père est un film hanté par une mélancolie palpable, qui finit par transpercer le cœur.
: Un jour avec mon père d’Akinola Davies Jr, Le Pacte (1 h 33), sortie le 25 mars
