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A revoir sur Arte: « L’incompris », drame déchirant sur le deuil de Luigi Comencini

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Grand spécialiste des tourments de l’enfance, le réalisateur italien signe en 1967 un mélodrame pudique sur le deuil inexprimable d’un fils rejeté par son père. A revoir jusqu’au 31 janvier sur Arte.

À travers les contours flous de sa filmographie (fictions, documentaires, sketches et téléfilms de qualité variable se côtoient pêle-mêle), on distingue chez Luigi Comencini un attachement particulier à l’enfance et l’adolescence. Quand ce n’est pas la découverte de l’imposture et les déceptions de la jeunesse qui pousse à embrasser le libertinage dans Casanova, un adolescent à Venise, c’est la condition d’orphelin qui amène un jeune garçon à communiquer avec Jésus dans Marcellino. De tous ces portraits mutins, parfois espiègles et souvent meurtris, L’incompris est sans doute le plus abouti. Réalisé en 1967 et présenté au Festival de Cannes où il est boudé, ce mélodrame psychologique explore la relation destructrice et mutique entre un père et son fils.

Consul de Grande-Bretagne à Florence, Sir Duncombe vient de perdre sa femme, et demande à son fils aîné, Andrea, de cacher à son frère cadet Milo la mort de sa mère en lui faisant croire qu’elle est partie en vacances. Jugeant Andrea irresponsable et insensible, le père se focalise sur Milo sans percevoir l’abyme de souffrance dans laquelle est plongé son fils aîné, enchaîné au secret et au silence… Porté par le Concerto pour piano n° 23 de Mozart, ce drame étouffé, tout en crescendo, cristallise la violence de l’enfance : aux séquences de jeu nimbées de lumières dans un jardin édénique, où les deux frères trouvent une chamaillerie réconfortante, se superposent les affrontement plein de malentendus avec un père indifférent. Histoire d’un deuil qui ne s’exprime pas, L’incompris est aussi un drame théâtral austère dont la mise en scène et la chorégraphie des corps sont tout entier au service de la solitude des personnages. Nulle tirade démonstrative, ni explication rationnelle du chagrin : ce sont les couloirs blafards de la demeure bourgeoise figée dans le passé et les regards toujours hors-champ des personnages, comme s’ils étaient déjà loin, qui traduisent les états-d’âmes invisibles.

Image: Capture d’écran

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