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Vu à Venise 2023 : « DAAAAAALI ! », le délicieux hommage surréaliste de Dupieux à Dalí

  • Damien Leblanc
  • 2023-09-06

Avec cette célébration ludique de l’esprit de Salvador Dalí, incarné par plusieurs comédiens qui s’amusent comme des petits fous, Quentin Dupieux signe un film d’une lumineuse liberté.

Passé maître dans l’art d’enchaîner les films, Quentin Dupieux revient quelques semaines après la sortie de Yannick avec un nouvel opus, Daaaaaali !, présenté hors compétition à la Mostra de Venise.

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Sous forme d’un hommage fantaisiste au peintre espagnol Salvador Dalí, figure artistique qui aura marqué le 20ème siècle et grand génie de la communication, le réalisateur d’Incroyable mais vrai organise une douce déambulation surréaliste à partir d’une trame au départ bien identifiée : une journaliste française (jouée par Anaïs Demoustier) cherche à tout prix à interviewer Dalí et va rencontrer le peintre à plusieurs reprises et de différentes façons.

Adoptant une structure faite d'emboîtements de séquences et d’expérimentations narratives, le film a la très bonne idée de confier le rôle de Dalí à plusieurs comédiens qui incarnent tour à tour le fantasque artiste. Interprété au gré de l’humeur par Édouard Baer, Jonathan Cohen, Pio Marmaï, Gilles Lellouche ou Didier Flamand - qui imitent chacun à leur manière le phrasé mégalomaniaque du peintre et s’en donnent à cœur joie-, Dalí apparaît ainsi comme un individu insaisissable, multiple et d’autant plus fascinant. Si la quête éperdue de la journaliste devient pour elle une odyssée personnelle, cette multiplication des Salvador est surtout l’occasion pour Dupieux de déployer un humour désopilant rempli comme à son habitude d’idées ingénieuses et de dialogues savoureux.

Mais le véritable supplément d’âme de Daaaaaali ! vient du soin particulier apporté à l’esthétique et aux couleurs du film. Donnant vie dès l’introduction à un illustre tableau du peintre, Fontaine nécrophilique coulant d’un piano à queue, la direction artistique brille notamment par sa représentation élégante de la maison de Dalí. Citant aussi le cinéma de Luis Buñuel (qui créa avec Salvador Dalí le chef-d’œuvre Un chien andalou), Dupieux fait joyeusement se télescoper les images, les émotions et les dimensions spatio-temporelles.

Cerise sur le gâteau, le casting se pare, au-delà des différents Dalí, de seconds rôles hauts en couleurs, comme Romain Duris - en producteur faussement cool et réellement odieux. Nouveau joyau de la filmographie de Quentin Dupieux, ce Daaaaaali ! bénéficie également d’une musique mélancolique de Thomas Bangalter (ex-Daft Punk qui apparaissait brièvement dans Réalité et qui compose ici une ritournelle entêtante). Avec cet objet filmique enlevé qui parle du passage du temps et des métamorphoses de l’individu, le cinéaste affirme avec tendresse et inspiration que la personnalité de Dalí était finalement sa plus belle œuvre.

Le film n'a pas encore de date de sortie.

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