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« Les Éternels » de Chloé Zhao : le choc des mondes

  • Sarah Jeanjeau
  • 2021-11-01

Porté par un majestueux casting (Salma Hayek, Angelina Jolie, Richard Madden...), « Les Éternels » se démarque par la volonté de la réalisatrice chinoise à imposer une authenticité et une réflexion sur l’écologie au cœur d’un récit évoquant la quête épique de dix personnages foulant la Terre depuis des millénaires.

Ces dix personnages, ce sont Les Éternels, des êtres aux capacités physiques et mentales spectaculaires. Chargés par les Célestes (des entités omnipotentes responsables de la création de l’Univers) de débarrasser la Terre des « Déviants », ils sont les garants du développement technologique de l’humanité. Alors que les Déviants, supposément éradiqués depuis plusieurs siècles, font leur retour sur Terre, les Éternels comprennent le véritable sens de leur mission et sont amenés à questionner leurs intentions : peut-on tout sacrifier au nom du progrès ?

Naviguant avec aisance entre différentes localisations et temporalités (le Babylone du Ve millénaire av. J.-C et le Londres de notre XXIème siècle), le film déploie ainsi la fresque d’une histoire qui prend racine aux prémices de l’humanité.

Les Éternels entend amorcer un changement de direction à la fois esthétique et narratif pour le studio, qui confie à la réalisatrice oscarisée Chloé Zhao (à la dernière cérémonie qui s’est tenue fin avril, son Nomadland a raflé six prix, dont celui du meilleur film et du meilleur réalisateur) la lourde tâche d’introduire cette équipée de nouveaux personnages (incarnés notamment par Salma Hayek, Angelina Jolie ou Richard Madden) dans un univers cinématographique déjà saturé.

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Mais ce qui marque dans le film – et d’autant plus puisqu’il s’agit d’une production Marvel –, c’est la façon dont la cinéaste parvient à y insuffler des éléments propres à son cinéma afin de donner corps à un nouvel univers.

On imagine bien qu'un studio comme Marvel n'a pas laissé le champ totalement libre à Zhao, mais ce qui fascine ici, c'est précisément que la signature de la cinéaste transparaît subrepticement au détour d’un plan (des mains qui se frôlent, un rayon de soleil qui réchauffe les plaines étendues empruntées à Nomadland) et à travers une propension à utiliser des décors naturels, couplée d’un soigneux effort à succomber le moins possible aux sirènes des effets numériques.

Plus intéressant encore, la cinéaste dresse un parallèle avec notre monde en proie à la catastrophe écologique, à la différence cependant que le danger d’effondrement de la planète qui plane sur le film échappe à la responsabilité des hommes, et résulte davantage de la volonté des dieux. Ainsi, une éruption volcanique devient l’épicentre de la naissance d’un Céleste, tandis qu’empêcher cette naissance revient à épargner la Terre – l’envergure excessive de la créature résout à elle-seule la fonte des glaces dès l’instant où elle est changée en une sorte de glacier.

Multipliant les plans de groupe qui traduisent la cohésion entre les personnages, notamment dans l’affrontement final, Zhao rappelle qu’il ne peut y avoir d’issue heureuse à une crise sans les efforts de toute une communauté.

Les Éternels, Walt Disney Film Company (2h37), sortie le 3 novembre.

Images (c) Marvel Studios

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