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« J’avais l’impression que le cinéma, les grands films, ça pouvait me donner une contenance »

  • Joséphine Leroy
  • 2024-05-06

[RÈGLE DE TROIS] Sous un enrobage pop et électro – en contraste avec sa bouille enfantine –, sa musique a tout d’un cocktail explosif, qui aurait pour ingrédients antidépresseurs, fêtes, sexe et relations chaotiques. Pour la sortie de son single « Matcha Queen », l’autrice-compositrice-interprète de 25 ans répond avec malice et sagacité à notre questionnaire cinéphile.

3 films que tu « emmerdes » autant que ceux de Bertrand Blier, comme tu dis dans « Chanson triste » ?

Le cinéma de Bertrand Blier, je le trouve super misogyne. J’ai un vague souvenir des Valseuses comme l’histoire de mecs qui terrorisent des meufs pendant une heure trente. The House that Jack Built [de Lars von Trier, sorti en 2018, ce film suit un tueur en série des années 1970 qui voit ses crimes via un prisme artistique, ndlr]. Je suis sortie avant la fin en me disant : « Ouah ! Ce cinéaste a de gros problèmes ! » Je ne l’ai pas encore vu, mais je dirais le prochain film de Roman Polanski. En plus, l’affiche est hideuse. Globalement, j’emmerde tous les films avec des agresseurs.

L’acteur qui te faisait fantasmer à 13 ans ?

Le number one, c’était Michael Fassbender. Dans Shame, il est à poil tout le temps. Je ne sais pas si tu te souviens, mais, en 2014, il y avait eu une fuite de mails échangés entre les producteurs de Sony qui disaient qu’il avait une énorme teub [l’un d’entre eux a dit à propos de l’acteur : « Ce mec rend mal à l’aise quiconque possède des parties génitales normalement proportionnées. », ndlr]. C’était hilarant. Mais ce n’est plus mon crush aujourd’hui, parce que j’ai ouï dire qu’il avait été accusé de violences [le site TMZ révélait en 2010 que l’ex- compagne de Fassbender, Sunawin Andrews, avait déposé une demande d’ordonnance restrictive contre lui, l’accusant de violences. En 2018, le journal The Daily Beast notait qu’Andrews avait rétracté sa demande la veille de son audience au tribunal, ndlr].

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3 films ou séries qui te rendent euphorique ?

Girls ! Glee aussi, c’était la série de mon adolescence, j’en étais folle. Barbie. Lac des cygnes ou Barbie. Fairytopia, que je regardais quand j’étais petite avec ma sœur.

3 films ou séries qui te plongent dans la mélancolie ?

Des trucs que je regardais quand j’étais ado. Mon top 1, c’est Girls de Lena Dunham. Encore maintenant, je regarde facile un épisode par semaine. Il y avait aussi Eternal Sunshine of the Spotless Mind. Et The Master de Paul Thomas Anderson, qui m’avait beaucoup marquée. J’étais hyper cinéphile à cette époque, j’achetais tout le temps Première, Les Cahiers du cinéma… J’étais vraiment dans mon intellectual era. Je trouvais trop stylé d’aller voir un Paul Thomas Anderson au cinéma. Et le moi de cette époque-là était super mélancolique, mal dans sa peau. J’avais l’impression que le cinéma, les grands films, ça pouvait me donner une contenance.

Le film à regarder à 3 heures du matin, une nuit d’insomnie ?

Quitte à ne pas dormir, autant regarder un Avengers.Avengers. En particulier Avengers. Infinity War. C’est iconique, comme film. Il y a de l’amour, des combats… On en prend plein les yeux pendant des heures. T’as tous tes héros préférés qui se battent et qui sentent que ça va partir en cacahuète. Et puis je trouve que Thanos est un super méchant, je l’adore. Il est un peu « nihiliste-écolo ». Il veut juste que la Terre aille mieux, et sa manière de se débarrasser de ses ennemis est aléatoire, donc équitable entre guillemets, contrairement à d’autres méchants qui veulent tuer une catégorie précise d’individus. La grande intellectuelle que j’étais doit se retourner dans sa tombe…

3 scènes de sexe qui te semblent réussies ?

Bizarrement, avec mes chansons, on ne dirait pas, mais je suis très pudique. Je ne suis pas hyper intéressée par les scènes de sexe. Ça me gêne de fou quand je les vois, même toute seule. Je n’arrive pas à comprendre le besoin, je trouve que c’est voyeuriste et un peu débile, autant regarder un porno. Il y en a une dans American Honey d’Andrea Arnold que je trouve hyper alignée avec le film, pour le coup. Elle justifie un lien entre les personnages, qui ont juste super envie de coucher ensemble. Elle a ses règles, elle enlève son tampon, et ça va avec qui ils sont, à savoir des jeunes un peu paumés qui voyagent. Il y a aussi celle d’Annette de Leos Carax, qui est fantasmée, ou de Her de Spike Jonze [film dans lequel un homme tombe amoureux d’une intelligence artificielle, ndlr], que je trouve plus hot qu’une scène de sexe bourrine.

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Image : © Lola Dubas

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