CinémaCultureKidsGEn.ALe magazine
  • Paradiscope
  • Article
  • 3 min

À voir sur mk2 curiosity : « Les Amours imaginaires » de Xavier Dolan

  • Léa André-Sarreau
  • 2021-11-05

Après "J’ai tué ma mère" et juste avant "Laurence Anyway"s, Xavier Dolan réalisait en 2010 "Les Amours imaginaires", un deuxième long métrage littéraire et sophistiqué sur les ardeurs déçues et le désir non réciproque. Faussement désinvoltes, les errances sentimentales sont savamment chorégraphiées par le réalisateur, qui avait alors la petite vingtaine.

Dans Les Amours imaginaires, il est question de séduction avortée, de fantasmes maladifs et fétichistes. Francis (Xavier Dolan) et Marie (Monia Chokri), amis inséparables, tombent un jour amoureux d’un apollon aux boucles dorées, séducteur narcissique qui s’amuse à les éconduire (Niels Schneider). Un triangle amoureux au-dessus duquel plane l’illusion sentimentale chère à Flaubert, à laquelle Dolan donne des airs d’utopie impossible, obsédé par cette idée foncièrement romantique : comment peut-on se perdre dans les filets d’un amour inavoué, devenu quasi pathologique ? En 2010, lors de la sortie du film, le cinéaste nous parlait des références littéraires ayant influencé ses répliques fusant comme des couteaux. « Le film parle d’un rêve, d’un idéal, d’une romance imaginée par un geste, une parole volée, involontaire. Il parle de la réaction la plus humaine qui soit : l’envie de tomber amoureux pour soi-même, davantage que pour l’être d’une personne. »

Fritz Feleng, Bill Forsyth : retrouvez les autres films au programme de mk2 curiosity cette semaine

Accédez à mk2 curiosity

DOSSIER : Xavier Dolan vu par sa bande

Lire les articles

Les Amours imaginaires a toutes les qualités d’un film de l’entre-deux : Dolan commence à y déployer sa virtuosité technique sans s’y perdre, car elle sert l’idée même de cristallisation amoureuse qu’on retrouve chez l’un de ses modèles, Stendhal. Ce sont ces ralentis plastiquement impeccables, façon Wong Kar-wai, où les sentiments paraissent soudain tangibles. Ou bien cette B.O. pop, à la fois nostalgique et défricheuse, mêlant Dalida au groupe Vive la fête, qui fixe des souvenirs. Passons sur son côté petit prodige campant déjà toutes les casquettes (réalisateur, scénariste, acteur, concepteur de costumes ou de l’affiche…), Dolan le contrebalance avec des séquences plus froides et plus drôles, où des inconnus décortiquent face caméra les rouages du délire amoureux. « L’histoire des deux protagonistes est partagée par toutes sortes de témoins et d’intervenants qui viennent appuyer leur propos, étayer leurs arguments. » Dans ce film composite, avec cette multitude, le tout jeune cinéaste posait alors les prémisses d’une œuvre très personnelle.

Les Amours imaginaires, du 11 au 18 novembre sur mk2curiosity.com, gratuit

Image (c) mk2 Diffusion

« Matthias et Maxime » de Xavier Dolan

Lire la critique

Les films disponibles jusqu'au 18 novembre :

Les ralentis chez Xavier Dolan (2019, 3’, France)

Les ralentis des Amours Imaginaires sur les Suites pour violoncelle de Bach n’ont laissé personne indemne… Explorez les multiples occurrences de cette figure dans la filmo de Xavier Dolan.

Local Hero de Bill Forsyth (1983, 103’, Royaume-Uni)

Entre les industriels américains (Peter Riegert et Burt Lancaster) chargés de bâtir un complexe pétrolier en Ecosse et les habitants du coin, la rencontre fait des étincelles chez Bill Forsyth.

Private Snafu de Fritz Feleng (1943/1946, 14', Etats-Unis)

A l’origine pensé pour prévenir les recrues contre toutes les situations périlleuses en temps de guerre, le cartoon Private Snafu se révèle une série hyper impertinente qui n’épargne pas l’armée américaine.

Inscrivez-vous à la newsletter

Votre email est uniquement utilisé pour vous adresser les newsletters de mk2. Vous pouvez vous y désinscrire à tout moment via le lien prévu à cet effet intégré à chaque newsletter. Informations légales

Retrouvez-nous sur