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Breakbot et Irfane : « Le clip de Windowlicker c’est “Les Parapluies de Cherbourg” version AphexTwin »

  • Léa André-Sarreau
  • 2022-07-20

On a rencontré le duo electro lors de la soirée de clôture du Festival Cinéma Paradiso Louvre, juste après leur DJ set, pour un questionnaire cinéphile joyeusement revigorant.

Ensemble, ils ont écrit Baby I’mYours, morceau disco qui a enflammé les dancefloors lors de sa sortie en 2010. Depuis, le duo électro signé par Ed Banger cultive avec élégance sa fièvre funk. On les a rencontrés lors de la soirée de clôture du Festival Cinéma Paradiso Louvre, juste après leur DJ set, pour un questionnaire cinéphile joyeusement revigorant. 

Décrivez-vous à travers des personnages de cinéma. 

Breakbot : On peut le faire l’un pour l’autre ? Irfane, tu me fais penser au personnage de Johnny Depp dans Las Vegas Parano de Terry Gilliam (1988) [L’acteur y campe un journaliste venu dans la ville du péché pour couvrir un événement sportif, pris dans une spirale d’hallucinations et de drogues, ndlr].  

Irfane : Pour toi, Totoro [créature créée par Hayao Miyasaki dans Mon Voisin Totoro en 1988, ndlr] sans aucun doute !  

Breakbot : C’est mignon. En deuxième, Le Duc dans The Big Lewoski des frères Coen (1998) [ce personnage joué par Jeff Bridges campe un looser amateur de bowling, pris dans une sombre histoire d’enlèvement après une méprise d’identité, ndlr]. Je le choisis pour moi aussi !  

Irfane : Toi, tu serais plus Walter [acolyte du Duc joué par John Goodman, ndlr].  

Breakbot : En dernier, Peter Pan, le mec par excellence qui ne veut pas grandir.  

Irfane et Breakbot lors de leur set de clôture du festival Cinema Paradiso Louvre (Photo: Cédric Canezza)

Trois films qui donnent envie de clubber.  

Irfane : Trainspotting de Danny Boyle (1996).  

Breakbot : 24 Hour Party People de Michael Winterbottom [qui retrace l’histoire d’Anthony Wilson, créateur du Label indépendant Factory Records, ndlr]. 

Irfane : 120 battements par minute de Robin Campillo, pour la musique d’Arnaud Rebotini. Sacré challenge de mettre en musique un tel film. L’esprit groovy de Pulp Fiction de Quentin Tarantino (1994) nous a aussi beaucoup inspirés pour notre musique.  

Irfane et Breakbot lors de leur set de clôture du festival Cinema Paradiso Louvre (Photo: Cédric Canezza)

Des BO électro qui mériteraient d’être plus connues.  

Breakbot : La partition de Fight Club de David Fincher (1999) écrite par les Dust Brothers, Requiem for a Dream de Darren Arronofsky, pour le boulot incroyable du Kronos Quartet.  

Irfane et Breakbot lors de leur set de clôture du festival Cinema Paradiso Louvre (Photo: Cédric Canezza)

Vos trois clips préférés.  

Breakbot : Windowlicker d’Aphex Twin, une sorte de court-métrage délirant, flippant, génial, c’est Les Parapluies de Cherbourg version Aphex Twin. Ca a 20 ans, mais c’est toujours aussi moderne. Thriller de Michael Jackson. Et Baby I’m Yours bien-sûr [clip animé à l’encre qui a rendu célèbre le duo en 2010, ndlr]

Un film à regarder à 3 heures du mat’, une nuit d’insomnie.  

Irfane : Ah ça c’est la spécialité de Breakbot, s’endormir devant les films en avion.  

Breakbot : Quand je n’arrive pas à dormir, j’aime bien regarder des films que je connais par cœur, Le Parrain de Francis Ford Coppola par exemple (1972). 

Irfane : Le film imparable pour s’endormir selon moi : Le Regard d’Ulysse de Theo Angelopoulos (1995) [un film franco-grec de trois heures, sur un cinéaste revenu dans sa région natale des Balkans pour retrouver de vieilles bobines, ndlr]. 

Breakbot : 2001 : L’Odyssée de l’espace de Stanley Kubrick (1968). Je ne l’ai jamais vu d’une seule traite. Sinon je m’endors régulièrement devant Blanche-Neige et les sept nains de Walt Disney (1937).  

Irfane : Je n’osais pas le dire pour ne pas t’afficher… 

 

Irfane et Breakbot lors de leur set de clôture du festival Cinema Paradiso Louvre (Photo: Cédric Canezza)

Trois films qui ont marqué votre jeunesse.  

Irfane : La Haine de Mathieu Kassovitz (1995), parce que c’est le film phare engagé de notre génération. Porco Rosso de Hayao Miyazaki qui m’a vraiment introduit à l’univers du studio Ghibli, m’a sorti des ornières du dessin-animé à la Walt Disney. Le Magicien d’Oz de Victor Fleming (1939), qui m’a retourné le cerveau.  

Breakbot : Retour vers le futur de Robert Zemeckis (1985). Edward aux mains d’argent de Tim Burton (1990) m’avait frappé à l’époque, et Princesse Mononoké de Hayaho Miyazaki (1997) que j’ai vu à seize ans. C’est tellement ambitieux, anti-manichéen. Ce que j’aime, c’est la complexité des personnages, il n’y a ni méchant ni gentil. J’ai aussi beaucoup aimé Perfect Blue de Satoshi Kon (1997).  

Irfane : Je rajoute Akira de Katsuhiro Otomo (1988), une claque phénoménale.  

L'EP de Breakbot et Irfane Remedy est disponible chez Ed Banger Records.

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