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Le Syndicat de la critique publie une lettre de soutien à Judith Godrèche

  • Troiscouleurs
  • 2024-02-27

« Nous ne nous dérobons pas. » Après la timide réaction du monde du cinéma face au discours de Judith Godrèche prononcé lors de la cérémonie des César, la SFCC publie un communiqué de soutien à l’actrice et réalisatrice, devenue l’emblème d’un MeToo français qui peine à émerger.

« Je parle, je parle, mais je ne vous entends pas. Où êtes-vous, que dites-vous ? J’imagine pourtant l’incroyable mélodie que nous pourrions composer ensemble... Je vous promets juste une égratignure sur la carcasse de votre curieuse famille. » La « curieuse famille » à qui s’adressait Judith Godrèche dans un discours limpide, c’est celle du cinéma français, réunie le vendredi 23 février dernier lors de la 49e cérémonie des Césars. Une prise de parole que le Syndicat français de la critique de cinéma (la SFCC) a tenu à saluer dans une lettre de soutien adressée à l’actrice et réalisatrice, qui dit avoir subi des violences psychologiques et physiques dès l’âge de 14 ans, dans le cadre d’une relation abusive avec le réalisateur Benoît Jacquot (de 25 ans son aîné).

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Bien plus qu’une dénonciation personnelle, Judith Godrèche pointe du doigt un système de domination bien installé, fait de prédation envers les jeunes actrices, et d’impunité pour ceux qui les agressent, sous couvert de l’entreprise artistique. Dans ses nombreuses interventions, elle a également souligné la passivité, si ce n’est la complicité, de la presse critique et des journalistes, qui ont longtemps célébré ces réalisateurs comme des pygmalions, des auteurs tout puissants sur les tournages.

Le Syndicat de la critique notifie avoir entendu ce cri alarmant : « Vous évoquez notre communauté, chère Judith, cette famille aux secrets et aux tourments enfouis que vous éclairez d’un faisceau cru de vérité. Nous, membres de la critique cinématographique, sommes également issus de cette famille que vos mots percutent. Vos coups contre la porte blindée de l’indifférence cognent fort. Vous avez raison : les films nous regardent autant que nous les regardons. »

DES SOUTIENS TIMIDES

Ce regroupement, qui a pour mission de « défendre les intérêts moraux et matériels » des professionnels du cinéma, évoque une prise de conscience : « Soyez assurée que vos paroles étouffées depuis tant d’années nous parviennent. Soyez certaine de la résonance soudaine qu’elles trouvent en nous, critiques de cinéma. Nous, critiques, affirmons notre rejet absolu de toute forme de violence dans le cinéma, que nous aspirons à voir intègre et respectueux envers toutes celles et tous ceux qui le façonnent. »

Rappelons que l’Académie des César a offert cette tribune à Judith Godrèche après qu’elle a porté plainte pour viol sur mineure contre Benoît Jacquot, présumé innocent, et qui se défend de ces accusations.  Elle a également déposé plainte contre le cinéaste Jacques Doillon, pour des violences sexuelles qui auraient eu lieues sur le tournage de La Fille de quinze ans, tourné en 1989. Ce dernier a depuis porté plainte pour diffamation.

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La prise de position de la SFCC contraste avec le silence assourdissant qui a suivi le discours courageux de Judith Godrèche. Si la 49e cérémonie des César promettait une déferlante de réactions contre les violences sexuelles et sexistes faites aux femmes dans le milieu du cinéma, peu d’invités ont embrassé cette dynamique. Malgré une standing-ovation, l’intervention de Judith Godrèche a peu été reprise dans la suite de la soirée – hormis par Agnès Jaoui, Audrey Diwan, Justine Triet et Bérénice Béjo, qui y ont fait mention dans leurs discours sur scène.

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