CinémaCultureLe magazine
  • Critique
  • Article
  • 2 min

« Radio Metronom » : libres voix

  • Quentin Grosset
  • 2023-01-02

À Bucarest en 1972, la jeunesse tente de s’épanouir sous le joug du régime totalitaire de Nicolae Ceaușescu… Le cinéaste roumain Alexandru Belc imagine une fête clandestine au son d’une radio libre violemment réprimée par la police secrète, la Securitate.

C’est comme un mot qu’on se passe en douce. Ce soir, un groupe de jeunes se réunit pour écouter Metronom, l’émission musicale de Cornel Chiriac diffusée clandestinement, et pour écrire une lettre à l’animateur – qui s’est réfugié hors de la Roumanie – pour le remercier de la respiration qu’il offre à la jeunesse en passant des musiques rock émancipatrices.

Ana, 17 ans, se rend à cette fête en espérant danser et retrouver son copain. Mais, une fois là-bas, la police secrète de Ceaușescu fait irruption… La manière dont Alexandru Belc filme la soirée joue beaucoup de la profondeur de champ. Au départ, le mouvement incessant à l’arrière-plan dit toute l’ébullition et la soif de liberté d’ados sous la dictature. Puis, la police ayant immobilisé tout le monde, ce bouillonnement se transforme en paranoïa, les regards s’y font à la fois assujettis et suspicieux, car une taupe a dénoncé cette soirée qui passe des sons occidentaux.

À coups d’intimidation et de brutalité, les interrogatoires sont approchés comme des pièges qui se referment sur Ana. Belc montre alors comment l’oppression du pouvoir s’infiltrait insidieusement dans chaque pan de la vie quotidienne, dans une atmosphère de surveillance généralisée.

Radio Metronom d’Alexandru Belc, Pyramide (1 h 42), sortie le 4 janvier

Inscrivez-vous à la newsletter

Votre email est uniquement utilisé pour vous adresser les newsletters de mk2. Vous pouvez vous y désinscrire à tout moment via le lien prévu à cet effet intégré à chaque newsletter. Informations légales

Retrouvez-nous sur