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« We Are Lady Parts » : une comédie punk et décomplexée

  • Nora Bouazzouni
  • 2021-09-20

Première série créée par la réalisatrice britannique d’origine pakistanaise Nida Manzoor, "We Are Lady Parts" est une comédie décoiffante et unique en son genre : ses héroïnes, musiciennes, sont punk et musulmanes pratiquantes.

Saira, leadeuse et chanteuse du groupe Lady Parts, tatouages et chemise plaid de rigueur, a peur de l’engagement. Momtaz, manageuse en niqab et bracelet à pointes, conseille les clientes d’un sex-shop. Ayesha est la batteuse sanguine, maquillage on fleek et chauffeuse VTC. Bisma, la bassiste, est une jeune femme noire déterminée, autrice de comics et mère d’une petite fille. Toutes les quatre ont un rêve : jouer ailleurs que dans l’arrière-salle de la boucherie halal où travaille Saira.

Mais il leur manque une guitariste solo. Arrive Amina, fleur bleue, hijabs pastel accordés à ses tenues ; l’étudiante en microbiologie a un but dans la vie : trouver un mari. Quitte à épouser le premier « bon musulman » venu – au grand dam de ses parents. Amina fantasme sur le sublime Ahsan, mais n’ose rien dire à ses amies de fac, rigides et moralistes. Guitariste de talent, elle va s’affranchir de ses angoisses et de ses amitiés toxiques pour devenir la cinquième membre des Lady Parts (littéralement « les parties génitales féminines »).

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Les chansons, drôles et irrévérencieu­ses, sont écrites par Manzoor et sa fratrie : « Voldemort est vivant, il est caché sous mon voile », chantent-elles dans un morceau, quand un autre évoque un « Bashir with the good beard », référence à la « Becky with the good hair » raillée par Beyoncé. We Are Lady Parts est une anomalie télévisuelle rafraîchissante, puisque les personnages d’ascendance moyen-orientale ou nord-­africaine restent encore largement absents des séries anglophones. À Hollywood, d’après un rapport de l’UCLA, ces derniers représentaient, en 2018-2019, moins de 2 % des rôles principaux.

Subversive dans sa représentation plurielle des femmes musulmanes à l’écran, We Are Lady Parts, en partie autobiographique, est née d’une « frustration », nous explique Nida Manzoor par téléphone. « À l’écran, 
je ne voyais que des musulmanes oppressées ou privées de leur agentivité [capacité d’agir, ndlr]. J’ai voulu mettre en scène des femmes joyeuses, drôles et complexes, à l’image de celles que je connais. » L’histoire d’Amina est « universelle : c’est une jeune femme qui se cherche et qui prend confiance en elle. J’ai toujours trouvé que montrer des personnages féminins comme le sien était émancipateur et puissant ! »

We Are Lady Parts à partir du 15 septembre sur BrutX

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