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« Aline » : la déclaration d’amour de Valérie Lemercier à Céline Dion

  • Marilou Duponchel
  • 2021-11-05

Présenté hors Compétition à Cannes, le nouveau film de Valérie Lemercier, devant et derrière la caméra, retrace la vie de la star québécoise Céline Dion, rebaptisée Aline pour l’occasion. Balayant les poncifs du genre pour se concentrer sur une histoire d’amour, Aline se révèle terriblement bouleversant.

C’est évidemment la chanteuse Céline Dion qui se cache (à peine) derrière ce double fictionnel baptisé Aline. L’invention du nouveau prénom semble permettre à l’actrice et réalisatrice (déjà autrice et au centre d’un faux biopic de Lady Di, Palais Royal !, en 2005) de se décharger de tout devoir d’authenticité biographique pour se consacrer à ses obsessions, s’amuser une nouvelle fois à se déguiser mais surtout réaliser son plus beau film d’amour à ce jour. Valérie Lemercier campe ainsi, du berceau à la presque cinquantaine, cette chanteuse née à la fin des années 1960 au Québec dans une famille très nombreuse (quatorze enfants), aimante et musicienne. Pour l’incarner dans ses premières années, elle a recours à un trucage numérique qui lui permet de rapetisser son corps.

Le gadget pourrait n’avoir qu’une vocation comique, mais ce serait mal comprendre le dessein de Lemercier, pas ironique pour un sou, puisque ce procédé permet, au contraire, de raconter l’histoire d’une enfant que son don inné pour le chant et son succès fulgurant (sans doute aussi sa timidité) auront empêchée de grandir comme les autres. C’est peut-être aussi pour cela qu’Aline n’aura pas le temps de devenir « adulte » – à moins qu’elle ne l’ait toujours été – et qu’elle tombera follement amoureuse de son manageur et producteur, Guy-Claude (alias René dans la vraie vie). De cette histoire d’amour d’abord impossible, réfrénée par la morale et une mère inquiète de voir sa fille dans les bras d’un homme plus vieux, Aline tire le cœur battant et profondément émouvant de son récit. C’est bien sur ce fil tendu de l’émotion, sur son premier degré franc, que repose la beauté du film. Comme si Lemercier, en adoratrice mais aussi peut-être en jumelle – on se dit, forcément, que c’est un peu elle qui se trouve derrière le spectre de la chanteuse – rendait ses lettres de noblesse aux excès de kitsch des chansons populaires.

Aline de Valérie Lemercier, Gaumont (2 h 03), sortie le 10 novembre

Image (c) Gaumont

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