« The Good Sister » : un premier film aussi maitrisé que tranchant sur l’emprise familiale

Pour son premier long métrage, la cinéaste allemande Sarah Miro Fischer décortique la relation entre une jeune femme réservée et son grand frère accusé de viol, et réussit le percutant portrait d’un affranchissement.


THE GOOD SISTER 01 keystill TGS ©Selma von Polheim Gravesen dffb 1
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Jeune soignante qui sort d’une rupture avec sa petite amie, Rose (Marie Bloching) s’installe dans l’appartement de son frère aîné, Sam (Anton Weil), avec qui elle partage depuis toujours une grande complicité. Mais, quand ce dernier est accusé de viol et que Rose est convoquée comme témoin auditif, tout se bouscule : elle doit alors choisir quel regard porter désormais sur son grand frère…

Signant là son premier long métrage, l’Allemande Sarah Miro Fischer traite la question des violences sexuelles à travers le point de vue des personnes proches des accusés. Sous les airs d’un thriller dépeignant une indécision morale, la réalisatrice brosse le portrait d’une héroïne atypique, au départ effacée et désorientée, qui va progressivement s’affirmer.

En réévaluant sa relation à son grand frère, Rose réexamine sa propre existence et ses rapports de dépendance. Doit-elle s’affranchir de sa famille pour devenir pleinement autonome et engagée dans le monde ? Où s’arrêtent la loyauté et l’aveuglement ? Comment agir contre les agressions sexuelles et sortir de l’emprise ? En répondant au moyen d’une mise en scène tendue et de séquences étonnantes (comme quand Rose expérimente la domination sexuelle avec un garçon rencontré à un cours de dessin), la cinéaste, elle, n’hésite pas à trancher.

The Good Sister de Sarah Miro Fischer, sortie le 2 septembre, Memento (1 h 36)