« La Fille condor » d’Álvaro Olmos Torrico : un conte renversant sur l’héritage

Entre les montagnes andines et les néons de la ville, le Bolivien Álvaro Olmos Torrico filme avec une grande délicatesse le tiraillement entre héritage et désir d’ailleurs.


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Un matin, dans une chambre éclairée à la bougie, Clara (Marisol Vallejos Montaño), jeune doula quechua, chante pour apaiser la douleur d’un accouchement. Le cri perçant d’un nouveau-né s’échappe du petit village andin, puis s’évapore dans la brume des montagnes boliviennes. Pour sa mère, Ana, sage-femme, ce don est précieux. Mais Clara rêve d’ailleurs : séduite par les sonorités modernes diffusées à la radio, elle quitte son village pour tenter sa chance en ville.

À son départ, c’est toute la communauté qui croit voir la Pachamama – la mère terre – lui tourner le dos… Avec ce nouveau film, le réalisateur Álvaro Olmos Torrico compose un récit ample et intime, où le destin individuel se mêle avec celui d’une culture menacée d’effacement. Sans jamais folkloriser les traditions, le cinéaste les chérit en les filmant comme une matière vivante. Chants, gestes des sages-femmes, rituels et croyances ne relèvent jamais du pittoresque, mais d’une manière d’habiter le monde. Torrico stylise cette approche avec une photographie d’une beauté envoûtante, où les reliefs des Andes semblent envelopper les personnages. À l’inverse, la ville se pare de néons et de couleurs pop, oniriques. Sous ses airs de conte, La Fille condor traite donc autant de l’héritage que de la liberté de s’en affranchir.

La Fille condor d’Álvaro Olmos Torrico, Wayna Pitch (1 h 49), sortie le 19 août