
Après trois premiers films stupéfiants (le sombre thriller The Chaser, puis les fresques horrifiques The Murderer et The Strangers), Na Hong-jin aura mis dix ans à faire son retour. Le temps pour le cinéaste sud-coréen de passer à une échelle supérieure avec cette superproduction pharaonique qui mélange allègrement cinéma catastrophe, film de monstres et fable de science-fiction. Situé à Hope, un village portuaire fictif près de la zone démilitarisée entre les deux Corées, le récit présente d’abord le lieutenant de police local, Bum-seok (Hwang Jung-min), qui est appelé sur une route où gît la carcasse d’un bœuf.
Si ce policier à l’autorité déclinante croit d’abord traquer un tigre, il déchante en découvrant qu’une créature autrement plus dangereuse est en train de ravager la bourgade… En s’amusant à retarder l’apparition du monstre, Na Hong-jin transforme la première partie du film en une prodigieuse course-poursuite à travers des rues éventrées, où son sens virtuose de l’action et du burlesque offre le spectacle d’une apocalypse vue à hauteur d’homme. Une fois que le chaos a été maîtrisé grâce à l’héroïsme d’une jeune policière (jouée par Jung Ho-yeon, lire p. 51), Hope se livre à un portrait satirique des habitants de ce village où règnent une violence sociale larvée et des aveuglements variés.
Si bien que la menace prend des proportions encore plus cosmiques dans une époustouflante dernière partie au sous-texte écologique dans laquelle s’invitent aussi des stars occidentales grimées (Michael Fassbender et Alicia Vikander). Hope assume ainsi une malicieuse comparaison avec les blockbusters hollywoodiens et dessine les jalons d’une suite. Signe que le jubilatoire cinéma de Na Hong-jin est entré dans une autre dimension
Hope de Na Hong-jin, Universal Pictures (2 h 36), sortie le 28 octobre
