Qui est Marie-Clémentine Dusabejambo, la première réalisatrice rwandaise à présenter son film en sélection officielle à Cannes ? 

La cinéaste fait ses débuts au Festival de Cannes dans la section Un Certain Regard avec « Ben’imana », un premier long métrage prometteur, explorant l’après-génocide dans un Rwanda en reconstruction.


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Image du film "Ben'Imana" / Copyright Mostafa El Kashef

Premier long métrage et première sélection à Cannes, à Un Certain Regard, pour cette cinéaste rwandaise autodidacte, qui au départ, se destinait plutôt à une carrière scientifique. C’est après une licence en électronique et télécommunications qu’elle se tourne vers le cinéma, rejoignant en 2008, un collectif de jeunes cinéastes à Kigali, l’Almond Tree Films Collective, une structure fondée en 2006 par le réalisateur américain Lee Isaac Chung (MinariTwisters), qui en 2007 tournait Munyurangabo au Rwanda. 

Pour Marie-Clémentine Dusabejambo, ce collectif sert de terrain d’apprentissage du 7e art. Elle assiste à des tournages, collabore à l’écriture de différents courts métrages, avant d’écrire et réaliser le sien : Lyiza (2011), centré sur le parcours d’une adolescente, hantée par le meurtre de ses parents, victimes du génocide au Rwanda. Ce pitch intense et sensible n’est pas sans rappeler celui de son premier long métrage Ben’imana, dont le synopsis officiel nous dévoile les contours : « Rwanda, 2012. Après le génocide des Tutsis, des tribunaux populaires sont mis en place pour apporter justice et réconciliation. Vénéranda, survivante, est convaincue de la nécessité de ces procès. Malgré les pressions, elle organise des séances de discussion entre victimes et familles de bourreaux. Mais lorsqu’elle apprend la grossesse inattendue de sa fille, elle doit faire face à ses propres contradictions et aux parts sombres de son passé. »

Avec sa sélection à Un Certain Regard, la réalisatrice marque l’histoire du Festival de Cannes et devient la première cinéaste Rwandaise à présenter un film en Sélection Officielle, comme le rappelle Sinema Focus. Tourné quasiment uniquement avec des acteurs non-professionnels (la présence au casting d’Isabelle Kabano, vue récemment dans Black Tea d’Abderrahmane Sissako, fait figure d’exception), Ben’imana promet d’explorer les traumatismes d’un pays fracturé à travers le portrait de plusieurs femmes. Tout en confirmant l’émergence de Marie-Clémentine Dusabejambo, nouvelle voix précieuse du paysage cinématographique international.