« Truly Naked » de Muriel d’Ansembourg : un récit d’apprentissage indocile

Fils d’un producteur de porno amateur, Alec doit préparer avec une camarade un exposé sur l’addiction au X en ligne. Entre fantasmes manufacturés et premier amour, « Truly Naked » dissèque avec intelligence l’apprentissage du désir.


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Dans une petite ville d’Angleterre, Alec grandit dans l’ombre de son père, surnommé Wade Savage dans l’industrie pornographique. Sur les tournages, l’adolescent s’occupe de la caméra, des accessoires, du montage. Seul mot d’ordre : « business ».

Chaque geste ou tenue est soigneusement choisie, les postures se doivent d’être de plus en plus originales voire improbables. Pendant ce temps, au lycée, Alec s’éprend de Nina, une camarade de classe avec laquelle il doit réfléchir à un sujet sur le porno en ligne. Avec elle, qui n’a pas du tout été élevée avec les mêmes codes, il découvre une intimité qui ne ressemble en rien aux fantasmes filmés par son père.

Avec ce premier long-métrage osé, Muriel d’Ansembourg signe un récit d’apprentissage indocile, où l’émancipation d’Alec se joue moins dans un affrontement shakespearien que dans une tension sourde avec ce père arrogant et tendu par la précarité de leur foyer.

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Shellac

En filigrane, la réalisatrice américano-hollandaise traite des questions contemporaines liées au consentement, aux addictions, aux égalités femme-homme. Ni chronique intimiste, ni variation polie façon Sex Education, Truly Naked trouve sa précision dans cette dualité, celle d’un garçon confronté à la réalité d’un désir dont la jouissance ne se fabrique pas.

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: Truly Naked de Muriel d’Ansembourg (Shellac, 1h42), sortie le 15 avril