Marjolijn Prins, réalisatrice de « Fantastique » : « Si tu as l’esprit ouvert, des moments magiques surviennent. »

Ethan-Williams, 14 ans, a interviewé Marjolijn Prins, la réalisatrice du documentaire « Fantastique », qui suit le quotidien de Fanta, une jeune contorsionniste guinéenne rêvant de participer à la prochaine tournée d’un cirque acrobatique.


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Tu considères que ton film est une fiction ou un documentaire ?
C’est d’abord un documentaire. J’ai suivi des personnages qui vivaient leur vie et je la captais. Si tu as l’esprit ouvert, des moments magiques surviennent, des choses que tu n’aurais pas pu imaginer dans un scénario. J’aime me laisser guider par les nouvelles perspectives que m’offre le réel. L’histoire peut changer en fonction des événements. Mais à la fin, en montage, je réalise un film, tout simplement.

Comment as-tu rencontré Fanta ?
J’ai assisté en 2019 à Bruxelles à un spectacle de rue de la troupe d’acrobates Amoukanama [qui signifie « Ce qui ne casse pas persiste toujours » en langue soussou, ndlr]. Je les ai trouvés géniaux, et j’ai décidé de partir les filmer à Conakry, en Guinée. Je pensais qu’il n’y avait que des hommes dans le groupe, mais, lors d’une représentation, une petite fille est arrivée sur scène. C’était Fanta ! Elle était alors âgée de 9 ans. Elle m’a tellement impressionnée que j’ai décidé de réaliser un film sur son histoire.

Qu’est-ce qui te touche le plus chez elle ?
Fanta est très introvertie. Elle ne parle pas beaucoup, mais les expressions de son visage montrent la force qu’elle a en elle.

Si tu pouvais caractériser Fanta en un mot, quel serait-il ?
Un mot… c’est trop difficile ! Elle est puissante, super intelligente, et elle est aussi Fanta… stique ! Ah, ça y est, j’ai trouvé un mot : courageuse. C’est ce qui la qualifie le mieux.

Quel est le souvenir le plus marquant que tu gardes du tournage ?
Après le dernier plan, on a organisé une fête sur la plage : j’ai pleuré, et je n’arrivais plus à m’arrêter. Je me suis sentie si chanceuse et reconnaissante d’avoir partagé du temps avec cette troupe, avec les familles. J’ai fait partie de leur vie, et je me suis rendu compte qu’entre la première rencontre et la fin du tournage il s’était écoulé sept ans…

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Ton film pourrait inspirer des enfants ?
Oui, c’est mon but, j’espère qu’il incitera à poursuivre ses rêves comme le fait Fanta. Je souhaitais aussi bousculer les a priori sur la Guinée. Souvent, les films qui parlent de pays en Afrique sont négatifs. Je voulais au contraire montrer ce côté lumineux et les belles choses qui s’y passent. On me disait parfois : « Tu travailles en Guinée, ça doit être difficile ! » Pourtant, j’ai passé le tournage à rire !

Propos recueillis par Ethan-Williams (avec Cécile Rosevaigue)

Fantastique de Marjolijn Prins, Les Films du Préau (1 h 11), sortie le 4 mars, dès 8 ans.