Expo à voir : Leonora Carrington au musée du Luxembourg

Le musée du Luxembourg se penche sur une figure encore trop méconnue du mouvement surréaliste. Leonora Carrington est pourtant adulée au Mexique, où elle a vécu de ses 25 ans à sa mort, à l’âge de 94 ans. Elle a mené une vie passionnante faite d’art et d’engagement, de désir et d’imaginaire.


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Elle a éclos comme une fleur dans le bitume. Née en Angleterre en 1917 au sein d’une famille d’industriels catholiques d’origine irlandaise, Leonora Carrington reçoit l’éducation exigeante réservée aux jeunes femmes de bonne famille, mais s’en détourne avec vigueur. Très tôt, elle préfère s’échapper dans la nature, parler aux animaux, dessiner, peindre. À 10 ans, elle en est persuadée : elle deviendra artiste. Sa famille soupire, mais sa mère la soutient, et l’envoie dans une académie d’art à Florence.

Revenue en Angleterre, elle s’inscrit au sein de l’académie du peintre Amédée Ozenfant, et découvre l’œuvre surréaliste de Max Ernst à l’occasion d’une exposition consacrée à l’artiste. Ils se rencontrent. Coup de foudre. Elle ressent immédiatement une grande proximité avec cet art débridé, qui place l’imaginaire au centre d’une figuration rêveuse et délirante. Elle quitte tout pour rejoindre Max Ernst en France en 1937 et devient son amante. Ils s’installent dans une maison perdue en Ardèche et travaillent côte à côte, parfois ensemble, à des toiles, des recueils illustrés. Lee Miller leur rend visite et photographie l’osmose entre ces deux artistes, malgré leurs vingt-six années d’écart.

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Affiche de l’exposition

Mais la guerre éclate et les sépare, Max Ernst, résistant, est arrêté et interné dans un camp. Heurtée de plein fouet par une violente dépression, Carrington s’échappe en Espagne et au Portugal, puis s’exile au Mexique en 1942, grâce à un mariage blanc. Dans ce pays, elle poursuit ses recherches surréalistes, qui empruntent de multiples voies : elle peint, sculpte, écrit des romans. Elle réalise même une fresque monumentale pour le musée national d’Anthropologie autour de la culture maya.

Également mère de deux enfants, Leonora Carrington est une féministe convaincue et s’engage pour la défense des droits des femmes. C’est justement ce qui a intéressé le musée du Luxembourg : le parcours chronologique de l’exposition raconte la vie d’une artiste puissante et militante, traversée de questionnements encore très actuels.

Au musée du Luxembourg, du 18 février au 19 juillet 2026 .