
Nino et Yasmina se rencontrent, enfants, dans une école primaire à Beyrouth. À l’âge où leur imagination confond les explosions avec des feux d’artifice, leur attirance l’un pour l’autre est immédiate. Mais la guerre civile, puis l’adolescence les séparent.
Vingt ans plus tard, un banal accident provoque leurs retrouvailles. Le récit s’emballe alors sur trois décennies, à l’image de la voiture de Nino qui fracasse la vitrine d’un magasin, comme une collision avec le passé. Cyril Aris saisit l’élan irrésistible qui attire ces deux personnages l’un vers l’autre, deux êtres que le temps n’a jamais vraiment séparés. La mise en scène épouse leur énergie en avançant par sauts temporels où s’entrelacent flash-back et projections, et le montage cherche lui aussi à reprendre son souffle. Entre légèreté et gravité, l’humour affleure sans jamais amenuiser les multiples menaces et la violence d’un pays en crise.
Alors que la situation politique du Liban s’enfonce dans l’instabilité, l’avenir devient une question vertigineuse. Peut-on s’aimer, fonder une famille quand « ce monde n’a rien à offrir » ? Face à cette impasse, Un monde fragile et merveilleux esquisse une promesse incertaine en proposant à ce duo intrépide un point de fuite, une île inaccessible, fantasmatique, seul refuge possible pour projeter une vie commune loin des bombes.
Un monde fragile et merveilleux de Cyril Aris, en salle le 18 février, UFO (1 h 49)
