« Le Gâteau du président » de Hasan Hadi : une Caméra d’or bien méritée contre l’obscurantisme

Lauréat de la Caméra d’Or à Cannes 2025, ce conte humaniste fait la part belle aux rêves d’enfant sans jamais atténuer le réel.


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Au début des années 1990, alors que l’Irak de Saddam Hussein ploie sous la misère, la jeune Lamia se voit chargée par son instituteur de confectionner un gâteau en l’honneur de l’anniversaire du président, soit une malédiction pour qui vit sans le sou.

Avec son camarade Saeed, elle se lance à la recherche d’argent et d’ingrédients afin d’échapper aux menaces de l’enseignant. Le Gâteau du président débute à la manière d’une fable, sur une embarcation qui traverse une nuit sublime et depuis laquelle Lamia apprend que le visage des plus vertueux se reflète dans les eaux du Tigre et de l’Euphrate par décision divine. De vertu, il va sans cesse être question au fil de ses aventures – comme un contrepoint à l’absurdité délétère de la tâche qu’on lui a confiée et du culte forcené qui pèse sur la population.

Dans le courage que cette fillette déploie pour se confronter au monde saugrenu des adultes, dans l’amitié tenace qu’elle nourrit pour Saeed, dans l’amour qu’elle porte à sa tutrice et à son coq, Hasan Hadi trouve une matière narrative puissante, car percutée par le réel. Même si, happé par les atours du conte, on en oublierait presque que ce brillant premier long s’inspire des souvenirs d’enfance du réalisateur, les valeurs qu’il confère à son héroïne sont d’ultimes outils de résistance pour contrer l’obscurantisme actuel.

Le Gâteau du président de Hasan Hadi, sortie le 4 février, Tandem (1 h 42)