5 choses à savoir sur « Sinners », le film le plus nommé dans l’histoire des Oscars

Sorti en France en avril dernier, l’audacieux film de Ryan Coogler a surpris tout le monde en remportant une flopée de nominations aux Oscars. Cette fresque politique, où deux frères jumeaux (incarnés par Michael B. Jordan) attirent les vampires dans leur juke-joint du Sud des États-Unis, regorge de fun-facts et de partis pris. Focus sur cinq d’entre eux.


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© Warner Bros. Entertainment Inc

Le film signe un record aux Oscars

Sinners détient désormais le record historique de nominations aux Oscars (soit 16 en tout), devançant Titanic et La La Land (qui avaient eu chacun 14 nominations)Il brigue notamment des prix dans les catégories « Meilleur film », « meilleur scénario original », « meilleur acteur » (Michael B. Jordan), « meilleur acteur dans un second rôle » (Delroy Lindo) et « meilleure actrice dans un second rôle » (Wunmi Mosaku).

Ryan Coogler a négocié un final cut dans son contrat

Chose rarissime à Hollywood : le réalisateur a négocié une clause de final cut avec Warner Bros, lui donnant un contrôle artistique total sur la version finale du film. Il a aussi obtenu un « first-dollar gross », c’est-à-dire qu’il a touché un pourcentage des recettes dès le premier dollar encaissé en salles, sans attendre que le film couvre ses coûts. Enfin, la restitution des droits d’auteur au bout de 25 ans lui assurera la propriété complète du film et le contrôle sur ses licences et revenus futurs.

Un plan séquence à travers les époques

Comment invoquer la généalogie à la fois torturée et lumineuse du blues ? Ryan Coogler le fait en un seul plan-séquence virtuose, hanté, qui balaye dans un même mouvement l’espace et le temps. Dans le juke joint qu’ils viennent d’ouvrir, les jumeaux Smoke et Stack (Michael B. Jordan dans un double rôle) assisent à une transe : tandis que leurs invités se déchaînent à un rythme affolant, le temps nous renvoie aux origines du blues avec des musiciens de jazz, et nous propulse dans l’avenir avec des rappeurs.

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© Warner Bros. Entertainment Inc

La filiation avec Une nuit en enfer

Des jumeaux, des vampires, un côté série B mêlé à des séquence virtuoses… L’œuvre hybride de Ryan Coogler se réclame ouvertement du western spaghetti de Robert Rodriguez (1996). Jusqu’à en reprendre quasi plan par plan son final cathartique. À ceci près : Sinners teinte sa violence d’un sous-texte politique plus acéré. Le vampire, suceur de sang repoussant, y est une métaphore du Ku Klux Klan, à l’heure où la ségrégation raciale fait rage dans le sud des Etats-Unis.

Une vieille légende au cœur du film

Sinners s’ouvre sur le personnage de Preacherboy (Miles Caton), fils de pasteur et prodige du blues. Son don pour la guitare et le chant en feront la cible privilégiée des vampires. C’est une véritable légende vaudou qui a inspiré à Ryan Coogler cette histoire. Dans les années 1930, le bluesman Robert Johnson aurait développé du jour au lendemain une technique de guitare virtuose, après avoir passé un pacte avec le Diable. Personne ne sait si cette rumeur de pacte faustien a été lancée par le musicien lui-même.