« Amour Apocalypse » d’Anne Émond : l’amour au temps du Giec

Peut-on tomber amoureux quand tout s’écroule ? C’est la question que pose le charmant nouveau film de la réalisatrice québécoise de « Jeune Juliette » (2019), comédie romantique qui plonge en plein trip écoanxieux.


amour apocalypse
"Amour Apocalypse" (c) Metafilms

Adam, la quarantaine, célibataire et propriétaire d’un chenil, est, ce que l’on pourrait dire par euphémisme, un angoissé. Ce gentil gaillard s’inquiète de tout, tout le temps, et en particulier du réchauffement climatique, dont les effets pointent le bout de leur nez ravageur. Pour essayer de parer à cet état anxieux, il achète une lampe de luminothérapie. Et c’est en contactant le SAV de ce pis-aller qu’il fait la connaissance de Tina, dont la voix douce et enjouée agit comme un baume calmant sur son cœur stressé…

Aussi amusant que peu banal, le point de départ d’Amour apocalypse est aussi une promesse : faire résonner un ton à la Nora Ephron avec un contexte tout droit sorti d’un rapport du Giec. Une gageure que la réalisatrice Anne Émond réussit haut la main dans ce road trip amoureux à travers le Canada, qui est autant une comédie romantique sur deux âmes esseulées que le portrait d’un monde, le nôtre, profondément inconscient du drame planétaire qui se joue. En dépit de son humour taquin, le film est une vraie réussite dans sa manière de ne jamais discréditer la détresse de ses protagonistes ni de leur trouver une solution facile. Et, dans un monde qui s’assombrit, il fait ressortir du nouveau couple de cinéma, formé par les géniaux Patrick Hivon et Piper Perabo, une lueur aussi sensible que sensuelle.

Amour Apocalypse d’Anne Émond, sortie le 21 janvier, L’Atelier (1 h 40)