Après en avoir fait un simili-Fred Astaire dans La La Land (2017), Damien Chazelle met Ryan Gosling dans la peau de Neil Armstrong et cherche ce qui se cache derrière le casque de l’astronaute et son visage impassible. « Un petit pas pour l’homme, un grand pas pour l’humanité. » De la formule archi célèbre prononcée par Armstrong en posant le pied sur la lune, le jeune cinéaste américain semble prendre le contrepied – ce serait ainsi un drame intime (la perte d’un enfant) qui aurait conduit l’astronaute à repousser les limites humaines pour se projeter au plus loin dans les cieux. Le fameux visage dénué d’expression de Gosling est ici mis à l’épreuve des expériences gravitationnelles les plus déformantes (avions, centrifugeuses, fusées et autres capsules spatiales) pour mieux montrer que son personnage n’est atteint que par une chose : les liens affectifs avec ses proches. Mettant sur le même plan scènes familiales et performances spatiales, Chazelle creuse le même questionnement depuis Whiplash (2014) : la réussite doit-elle passer par le sacrifice ? Ici, elle est en tout cas aussi impressionnante que teintée de spleen.


: de Damien Chazelle
Universal Pictures (2 h 20)
Sortie le 17 octobre