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Quand Orson Welles racontait le tournage d’Othello

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Jusqu’au dimanche 4 avril, France 5 rediffuse Othello d’Orson Welles, adaptation de Shakespeare dans laquelle le réalisateur interprète un capitaine trahi par l’un de ses lieutenants envieux. A l’occasion, on revoit cette archive dans laquelle Orson Welles revient sur l’histoire maudite de ce tournage sans fin.

En 1978, Orson Welles réalise avec la complicité du directeur de la photographie Gary Graver un documentaire intitulé Filming Othello, dans lequel il revient sur la genèse houleuse de cette adaptation canonique, et dont est extrait cette archive. Rappelons qu’après Citizen Kane (1941), censuré par les producteurs qui empêchèrent Orson Welles de finaliser son director’s cut, ce dernier souhaite avoir la main mise sur ses projets : Othello sera son premier film indépendant. Entre 1948 et 1951, il finance lui-même son film avec ses cachets de comédien, affronte des problèmes d’approvisionnement des costumes, doit opter pour un tournage en extérieur au Maroc et en Italie afin de réduire les coûts, plutôt que de construire des décors.

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Résultat : deux ans de montage sont nécessaires pour raccorder des séquences qui n’ont pas été filmées au même endroit. Welles doit renoncer aux longs plans séquences qu’il avait envisagé dans des décors d’orfèvre, pour un découpage morcelé et des champs contre/champs fragmentés. Derrière sa table de montage, Orson Welles évoque donc tous les aspects de ce tournage maudit. D’abord comment la tragédie de Shakespeare, qu’il considère comme un monument de notre civilisation, l’a inspiré – parce que c’est une oeuvre qui parle de trahison, de faiblesse humaine, d’ambition menant à la destruction. On découvre alors Orson Welles fin psychologique, analysant les personnages de la pièce à l’aune des rapports de force sociaux et citant Dostoïevski (« La conscience secrète du pouvoir est plus insupportablement délicieuse que la domination frontale »). On en apprend aussi davantage sur la technique de « l’oeil-caméra », qui lui permet d’adopter des angles de prise de vue originaux pour donner le sentiment que la caméra est un organe tout-puissant, et sur les clairs-obscurs du film, qui permettent de dire lu dualisme, voire la folie, qui habitent les personnages.

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