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CONCERT: « Blood Orange » à l’Elysée Montmartre le 15 juillet

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Devonté Hynes est un touche-à-tout compulsif. Un boulimique de musique, capable de composer et d’enregistrer en un temps record (ne titrait-il pas, en 2007, l’un de ses bootlegs I Wrote and Recorded This in Less Than Five Hours), mais aussi, en bon caméléon, de se mettre au service de personnalités aussi diverses que Solange Knowles, The Chemical Brothers, Kylie Minogue ou A$AP Rocky. Définir d’un mot le style si versatile du nerd anglais exilé à L.A., souvent comparé à Prince, paraît d’ailleurs vain: ses multiples identités se sont déployées lors de la dernière décennie en autant d’alias que de genres, des décharges punkoïdes de Test Icicles au baroquisme pop de Lightspeed Champion, en passant par Blood Orange, plus tourné vers la black music. C’est sous cette dernière bannière que le multi-instrumentiste a sorti l’an dernier Negro Swan, chef-d’œuvre au groove eighties engourdi, dominé par le parfum amer de la dépression. Dev Hynes y fait le récit poignant d’une jeunesse anglaise douloureuse, marquée par le harcèlement («Mon premier baiser fut avec le sol», résume-t-il sur le poignant «Orlando») et relate plus globalement la violence subie par les personnes queer et racisées, en associant à son falsetto soulful la parole militante de l’écrivaine Janet Mock, activiste pour les droits des transgenres. Toute cette noirceur ne vire pas au spleen monochrome: adepte du collage protéiforme, Hynes superpose R&B ouaté, chillwave, rap et synth-pop dans un captivant fondu enchaîné, en Technicolor.

Crédit image: Nick Harwood

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