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FAME Festival : s’il ne fallait retenir que 3 films

Le FAME est de retour sur la piste. Parmi les nombreux films proposés dans l’éclectique programmation de cette nouvelle édition du festival international du film de musique (qui s’ouvre aujourd’hui), on a été charmés par les expérimentations excentriques et dadas de Marie Losier, la comédie musicale acidulée de la chanteuse Barbara Carlotti et le road-documentaire de l’Espagnol Iván Castell qui nous balade dans l’univers musical des années 1980 et invite le grand John Carpenter à décrypter ces folles années. 

 

FELIX IN WONDERLAND de Marie Losier

Après le dément Cassandro, The Exotico!, la cinéaste Marie Losier (qui réalise des films sur ses amis artistes comme les frères Kuchar, Guy Maddin, Peaches…) fait le portrait fantasque du musicien allemand Felix Kubin. En agrégeant son imaginaire dada et bariolé à celui de l’artiste électro illuminé et porté sur les sons bizarroïdes, la réalisatrice compose un réjouissant manifeste pour le brouhaha – qu’on fait avec les bruits, qu’on fait avec les films. Felix Kubin nous apprend à aimer la dissonance quand Marie Losier donne une traduction visuelle bricolée à ses sons déviants.  – Q. G.

 

QUATORZE ANS de Barbara Carlotti

1988, dans la montagne corse. Sous un ciel estival constellé d’étoiles, trois copines font le mur pour se rendre dans la boîte de nuit du village le plus proche. Pitch de teen-movie on ne peut plus classique. Jusqu’à ce que ces ados rebelles – qui portent des justaucorps à la Madonna et arborent des coupes à la Lio – entament un numéro dansé-chanté sur le pavé. D’inspiration autobiographique, ce court-métrage de la chanteuse française Barbara Carlotti débute comme une comédie musicale acidulée, composée de longs plans-séquences chorégraphiés qui dilatent l’euphorie nocturne. Très vite, cette esthétique à la Rohmer bascule vers un territoire plus fantastique : en rentrant de leur escapade, les personnages croisent une Mazerra, chamane corse qui les conduit à la rivière et les initie à la découverte sensuelle de la nature…Entre chant d’amour à la culture new wave (les synthés de Depeche Mode et les lyrics d’Etienne Daho comme sources d’inspiration) et hommage à la mythologie corse, Quatorze Ans se présente comme un petit bijou du festival à ne pas manquer. – L. A-S.

THE RISE OF SYNTHS d’Iván Castell 

Dans cette plongée rétro dans le monde de la synthvawe, genre musical s’inspirant de la culture des années 1980, l’Espagnol Iván Castell interroge notre rapport à cette musique qui déchaîne de nouveau les passions depuis les succès de Drive de Nicolas Winding Refn ou de la série Stranger Things. En reprenant les codes esthétiques de cette période – un personnage mutique parcourt des lieux en voiture dans des décors éclairés par les néons –, le cinéaste nous conduit auprès d’artistes contemporains (College, Carpenter Brut…). Avec eux, il questionne notre pulsion mélancolique et revient aux origines de ces sonorités électro, intimement liées au ciné – on pense à la musique électrisante de Tangerine Dream dans Sorcerer de William Friedkin. Dans des apparitions fantomatiques, John Carpenter commente l’évolution et la place fondamentale de cette musique. Par ses films où l’horreur et le surnaturel s’insinuent dans le réel, Carpenter a été une figure emblématique de cette décennie, doublé d’un grand compositeur de musiques pulsées par d’inquiétantes notes synthétiques. Il use de son aura de vieux sage pour nous guider tout au long de ce réjouissant documentaire. – E. J.

: FAME Festival, du 12 au 16 février à la Gaîté Lyrique (plus d’infos ici)

Photo : ©Marie Losier / Ad Vitam

 

 

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