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À revoir sur Arte: « Lady Chatterley », fiévreuse adaptation de D. H Lawrence par Pascale Ferran

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Dans ce film à la fois hédoniste et grave, Pascale Ferrand scelle la rencontre libératrice entre deux corps solitaires.

Il fallait Pascale Ferran, cinéaste trop rare (quatre films en vingt ans, dont le dernier, Bird People, sorti en 2014), pour porter à l’écran un chef-d’œuvre sans doute un peu trop imposant, et jugé inadaptable: Lady Chatterley et l’Homme des bois de D. H Lawrence.

Pas impressionnée le moins du monde par ce monument de la littérature anglaise, la réalisatrice en livrait en 2006 une adaptation rayonnante, véritable travail d’orfèvre où la précision du montage, la grâce des lenteurs et la pudeur d’écriture s’harmonisaient au diapason de la nature. Cloîtrée dans le château froid de son mari Sir Chatterley au lendemain de la première guerre mondiale, Constance s’ennuie, enfermée dans le puritanisme de l’époque, contrainte de vivre avec l’amertume de son mari rendu infirme par la guerre. Un jour, elle croise Parkin, garde-chasse solitaire du domaine, et entame avec lui une relation passionnelle, que Pascale Ferran filme comme un éveil des sens, un apprivoisement salvateur et fiévreux.

En laissant légèrement de côté les enjeux moraux du récit original -une classique histoire d’amour entravée par les diktats sociaux- la réalisatrice se tourne vers ce qui l’intéresse vraiment: l’abandon total de ses interprètes (Marina Hands et Jean-Louis Coulloc’h) à une sorte d’utopie corporelle dans laquelle le moindre contact d’épiderme devient une onde de choc. Alerte, hypersensible, la caméra s’attarde sur chaque détail trivial de la nature ou de l’anatomie, comme pour repousser la réalité du monde extérieur. Car Lady Chatterley n’est pas seulement l’histoire de deux corps qui se libèrent mutuellement, c’est aussi celle de deux êtres qui luttent sans le savoir contre les déterminismes politiques qui pèsent sur eux. 

Image: Ad Vitam Distribution

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