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Le film du soir : mk2 Curiosity présente « L’Adieu aux armes » de Frank Borzage

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Véritable canon du mélodrame, L’Adieu aux armes (1932), adapté d’un livre d’Ernest Hemingway, est aussi l’un des plus importants films parlants de Frank Borzage (L’Ange de la rue, L’heure suprême…). Jusqu’à mercredi, mk2 Curiosity, en partenariat avec Lobster Films, met à disposition gratuitement cette irrésistible histoire d’amour en temps de guerre.

Mise à jour le 23 /04/ 2020. Ce film n’est désormais plus accessible. Découvrez les films offerts sur mk2 Curiosity en cliquant ici

En 1932, le réalisateur américain Frank Borzage adapte pour la première fois au cinéma une œuvre de lʼécrivain Ernest Hemingway. LʼAdieu aux Armes raconte la grande romance entre un soldat américain et une infirmière britannique dans le Nord de l’Italie durant la Première Guerre mondiale. Prenant pas mal de libertés avec le roman d’Hemingway, publié en 1929, le cinéaste hollywoodien en tire un mélodrame déchirant – qui évoque beaucoup certaines œuvres postérieures de Douglas Sirk, en particulier Le Temps de vivre, le temps de mourir, qui sortira en 1958.

Dans L’Adieu aux armes, Gary Cooper campe un soldat séducteur et plutôt porté sur la bouteille, qui profite de ses permissions pour sillonner les bordels italiens. Quand – au détour d’une scène de fétichisme de pied étonnante pour l’époque – sa route titubante croise celle d’une innocente infirmière endeuillée (jouée par Helen Hayes), c’est le coup de foudre : il plaque son mode de vie pour se faire amoureux transi.

À le voir aujourd’hui, on peut trouver que L’Adieu aux armes raconte l’histoire d’un dragueur sans cœur (et même d’un « forceur » : il insiste tellement lors de leur rencontre que l’infirmière finit par céder alors qu’elle n’était pas prête à vivre sa première fois), qui se repentit et apprend progressivement à prendre en compte les désirs de la femme qu’il aime – pendant qu’elle se fond dans son couple et le soin à l’autre, au point de s’effacer…

Mais ce personnage masculin montre aussi une attitude très distanciée par rapport à la guerre, loin de l’héroïsation de la figure du soldat. Gravement blessé lors d’une attaque des Allemands, le héros répond très simplement et sincèrement à son meilleur ami, qui loue son courage et suggère qu’il a sauvé quelqu’un : « J’ai été enseveli alors que je mangeais du fromage. » Plaçant l’amour en valeur souveraine, puisque seul celui-ci déclenche les sentiments les plus valeureux chez le soldat, le film prend peu à peu des atours anti-militaristes.

Techniquement superbe (le film a remporté l’Oscar de la meilleur photo et du meilleur son en 1934), L’Adieu aux armes vaut aussi pour sa mise en scène épurée et truffée de bonnes idées, comme sa façon de faire apparaître les indications de temps et de lieux (le mot « Milan » qui, par surimpression, donne l’illusion d’apparaître dans la fumée au-dessus du train qui y mène), ou encore une longue séquence en point de vue à la première personne, quand le héros blessé arrive à l’hôpital.

Image de couverture : © D.R.

 

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