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[LE FILM DU SOIR] : « Le Bon plaisir » de Francis Girod sur mk2 Curiosity

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Ce soir, c’est casting de luxe : Catherine Deneuve, Jean-Louis Trintignant et Michel Serrault portent ce drame de 1983 réalisé par Francis Girod (La Banquière, avec Romy Schneider) autour de l’enfant illégitime d’un président de la République française. mk2 curiosity vous propose de le découvrir gratuitement jusqu’à mercredi.

Mise à jour le 20/05/ 2020. Ce film n’est désormais plus accessible. Découvrez les films offerts sur mk2 Curiosity en cliquant ici.

Bizarrement, Francis Girod, qui a pourtant été l’assistant de Roger Vadim et Jean-Pierre Mocky avant de réunir Romy Schneider et Michel Piccoli pour son premier long métrage (Le Trio infernal, en 1974) ou encore de fouler le tapis rouge avec L’Enfance de l’art, en 1988, est un peu tombé dans l’oubli en France. La découverte du Bon plaisir, réalisé en 1985 avec un casting de prestige (Catherine Deneuve, Jean-Louis Trintignant, Michel Serrault et un tout jeune Hippolyte Girardot), donne pourtant bien envie d’arpenter sa filmographie, traversée par la question des luttes de pouvoir.

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Adapté d’un roman de la journaliste et femme politique française Françoise Giroud paru l’année précédente, Le Bon Plaisir suit l’histoire d’une femme (Deneuve) se faisant voler son sac à main par une jeune canaille (Girardot). Le sac contient une vieille lettre laissant entendre qu’un enfant serait né de l’union passée de cette femme avec un homme aujourd’hui président de la République (Trintignant). Un jeu de chantage se met alors en place.

Si ce pitch évoque forcément l’affaire Mazarine Pingeot, la fille longtemps cachée de François Mitterrand, Françoise Giroud s’est toujours défendue de s’en être inspiré (le roman a d’ailleurs été publié dix ans avant la révélation publique de l’identité de Mazarine Pingeot). Quoiqu’il en soit, le récit décrit à merveille les rouages de ce genre d’affaires, avec la particularité de suivre en parallèle les maîtres-chanteur et les différentes victimes du chantage – qui s’écharpent d’ailleurs aussi entre elles, puisque le président met instantanément son ancienne amante sur écoute en apprenant le vol de la lettre, plutôt que d’essayer de faire face avec elle.

L’idée qui ressort de cette guerre de pouvoir, c’est bien que, au fond, il ne s’agit que de jeux de séduction : entre le ministre de l’intérieur (Michel Serrault) chargé de faire le tampon entre le président et l’héroïne ; entre le jeune voleur nonchalant et l’un de ses employeurs qui orchestre le chantage ; mais aussi, bien sûr, entre le président et son ancienne amante, quand il daigne la recevoir en personne à l’Élysée.

Le Bon plaisir épingle froidement le statut de ce président de la République qui vit comme un roi dans son palais fastueux. Capricieux, imbuvable, libidineux (notamment avec la fille d’un ancien camarade de classe qu’il croise par hasard), il se paye aussi le luxe de mal parler à ses collaborateurs et à son épouse, qui ne manque pas de se révolter dans une scène mémorable, verbalisant enfin l’oppression quotidienne qu’elle vit depuis des années. Décontenancé, il réagit mollement : « Je croyais que vous aimiez cette vie. Vous avez toujours été… parfaite. » Ce à quoi elle rétorque, lapidaire : « Mon pauvre ami… pour employer votre vocabulaire – une fois n’est pas coutume – : pauvre con. »

 

 

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