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[ARCHIVE] : Quand Pascale Ogier remettait discrètement en place un journaliste

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Suite au décès de Pascale Ogier, le 25 octobre 1984, l’émission Cinéma Cinémas diffusait une petite interview intime et étrange de l’icône novö, faite au fond d’un restaurant mal éclairé.

On a retrouvé un court entretien dans lequel l’inoubliable interprète des Nuits de la pleine lune d’Eric Rohmer et du Pont du Nord de Jacques Rivette évoque son image et sa personnalité, à coups de phrases laconiques prononcées de sa caractéristique voix pointue, de silences éloquents et de poses mystérieuses.

Face à un journaliste Pierre-André Boutang, qui l’interroge à la troisième personne, avec des formules toutes faites, elle oppose une attitude discrètement frondeuse, revendiquant toujours la nuance, l’ambivalence. Morceaux choisis :

« Est-ce que Pascale Ogier, c’est le prototype de la jeune fille, jeune femme d’aujourd’hui ?
– Je ne sais pas, parce qu’en même temps, comme on m’accuse d’avoir un côté très désuet… ça m’amuse beaucoup. »

« Est-ce qu’on se sent plus près de l’enfance ou plus près de l’âge adulte ?
– C’est comme le personnage de Rohmer, moi je me sens complètement au milieu.
– Avec l’envie de pencher d’un côté ?
– Non. »

« J’aime penser qu’il va y avoir l’an 2000.
– Enthousiaste, mais pas inquiète ?
– Bien sûr que si, je suis inquiète, mais je suis complètement enthousiaste aussi. C’est même physique, je veux dire. »

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Progressivement agacée par les questions monolithiques et binaires du journaliste, elle finit par s’animer et par revendiquer le plaisir de changer d’identités, de s’amuser, à commencer par les « danses sabbatiques » que l’on peut faire devant son miroir en s’habillant le matin, « pour se préparer à l’aventure de la journée. Toujours pour de nouvelles aventures. »

Un plaisir communicatif, qu’elle avait insufflé à Rohmer, notamment pour mettre en scène les séquences de fête dans Les Nuits de la pleine lune, à lui qui ne connaissait rien à l’ambiance des soirées. C’est peut-être après ça que le grand réalisateur de la Nouvelle Vague s’est mis à s’enjailler sur la piste, comme ceci.

 

 

 

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