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SÉRIE — « The Virtues » : spirale infernale

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Réalisateur en 2006 de This Is England, film qui relatait le parcours initiatique d’un garçon découvrant la culture skinhead, le Britannique Shane Meadows s’inspire à nouveau de sa propre histoire pour The Virtues, une minisérie époustouflante sur un homme brisé, submergé par les souvenirs.

Joseph, quadra alcoolique et dépressif, part en Irlande retrouver sa sœur qu’il a perdue de vue depuis trente ans. Placés en foyer à la mort de leurs parents, elle a été adoptée par une famille d’accueil ; lui, non. Des fragments qui resurgissent, Joseph comprend qu’il a refoulé un trauma vécu durant l’enfance. S’ensuit un long chemin de croix pour réunir les pièces manquantes du puzzle. « Ado, je n’ai jamais entendu parler de thérapie, ni de dépression. Si on se sentait mal physiquement, on allait voir le médecin, mais si c’était dans la tête, on enfouissait ça de peur de passer pour un faible », nous raconte Shane Meadows par mail. « Les problèmes de santé mentale chez les hommes étaient – et sont peut-être encore – très stigmatisés. Ça pousse certains à se réfugier dans des recoins qui, je le sais d’expérience, peuvent être très sombres. » 

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À rebours des séries contemporaines,The Virtues prend son temps avec des scènes qui s’étirent, presque en temps réel. « J’ai grandi avec les séries dramatiques qui passaient à la télé britannique dans les années 1980. Des séries dures, sans fioritures, qui vous mettaient un vrai coup de poing dans les tripes. » Si la série en quatre épisodes se montre redondante parfois, jusque dans l’âpre B.O. composée par la rockeuse PJ Harvey, c’est pour mieux accentuer le cercle vicieux du traumatisme et la rengaine des réminiscences. Doublement primée au festival Séries Mania 2019 (Grand Prix et Prix d’interprétation masculine pour Stephen Graham, bouleversant), The Virtues est un chef-d’œuvre tragique, une série éprouvante qui met le spectateur face à son impuissance devant une spirale autodestructrice dont on espère, jusqu’à la dernière minute, qu’elle ne changera pas sa victime en bourreau. Car toute quête de vérité s’achève par un choix : la vengeance ou du pardon. Nora Bouazzouni

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The Virtues jusqu’au 30 décembre sur Arte.tv

Pour voir la série, cliquez ici

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