

Hilma af Klint, Chaos originel, no 1, 1906-1907 © by courtesy of the Hilma af Klint Foundation photo : Moderna Museet, Stockholm
En 1906, âgée de 44 ans, Hilma af Klint commence à donner forme à ses visions médiumniques, sous la dictée d’esprits invoqués lors de séances de spiritisme avec le groupe des Cinq, créé en 1896 avec quatre autres femmes. La toile devient une porte ouverte sur l’inconscient où éclosent de puissantes images mentales. Esquissé à coups de pinceau frénétiques, ce symbole du « chaos originel » – une forme embryonnaire détourée par un halo bleu – va devenir récurrent dans ses peintures. C’est en s’abandonnant à la transe que la peintre redéfinit son geste pictural : la touche est visible et la toile reste partiellement vierge, donnant l’impression d’un croquis préparatoire ou d’une peinture inachevée.

Hilma af Klint, Les Dix Plus Grands, âge adulte, no 7, 1907 © by courtesy of the Hilma af Klint Foundation photo : Moderna Museet, Stockholm
En 1907, Hilma af Klint entame une série de dix toiles monumentales (Les Dix Plus Grands) retraçant le cycle éternel des quatre âges de l’humanité : enfance, jeunesse, vie adulte, vieillesse. Dans des tonalités franches et vives, elle se met à peindre des formes ovoïdes jouxtant une constellation filandreuse – entre motifs végétaux et sphères astrales, calligraphie ésotérique et partition musicale. Réalisée en l’espace de quarante jours, cette décalogie forme un prodigieux accomplissement, tant plastique que théorique.

Hilma af Klint, Chaos originel, no 1, 1906-1907 © by courtesy of the Hilma af Klint Foundation photo : Moderna Museet, Stockholm
En 1906, âgée de 44 ans, Hilma af Klint commence à donner forme à ses visions médiumniques, sous la dictée d’esprits invoqués lors de séances de spiritisme avec le groupe des Cinq, créé en 1896 avec quatre autres femmes. La toile devient une porte ouverte sur l’inconscient où éclosent de puissantes images mentales. Esquissé à coups de pinceau frénétiques, ce symbole du « chaos originel » – une forme embryonnaire détourée par un halo bleu – va devenir récurrent dans ses peintures. C’est en s’abandonnant à la transe que la peintre redéfinit son geste pictural : la touche est visible et la toile reste partiellement vierge, donnant l’impression d’un croquis préparatoire ou d’une peinture inachevée.

Hilma af Klint, Éros, no 1, 1907 © by courtesy of the Hilma af Klint Foundation photo : Moderna Museet, Stockholm
La fleur chez Hilma af Klint est souvent associée à l’énergie sexuelle féminine. Dans cette toile qui ouvre la série Éros, deuxième groupe d’œuvres du cycle des « Peintures pour le temple », Klint mêle motifs symboliques et réminiscences figuratives. Les pétales de fleur semblent incarner le cœur d’une zone érogène, circonscrit par des lignes qui évoquent aussi bien la fertilité des spermatozoïdes que la corolle d’un sexe féminin parcourue d’impulsions de plaisir.

Hilma af Klint, Cygne, no 1, 1914-1915 © by courtesy of the Hilma af Klint Foundation photo : Moderna Museet, Stockholm
Toile inaugurale d’un nouveau cycle (1914-1915) qui voit l’artiste mêler le figuratif et l’abstrait, ce cygne en miroir inversé met en évidence la dualité entre lumière et obscurité, masculin et féminin, vie et mort. Pour Helena Blavatsky, fondatrice de la Société théosophique, doctrine occulte à laquelle Klint était initiée, le cygne symbolisait la grandeur de l’esprit ; en alchimie, il incarne l’union des contraires nécessaire à la création de la pierre philosophale, une substance alchimique censée transformer les métaux vils en or et procurer l’immortalité de l’âme.

Hilma af Klint, Les Dix Plus Grands, enfance, no 2, 1907 © by courtesy of the Hilma af Klint Foundation photo : Moderna Museet, Stockholm
Sur cette toile issue de la même série, Klint offre sa vision symbolique de l’enfance. Les sphères se télescopent et se superposent. Le motif floral, circonscrit sous forme de rosaces emplissant des cercles monochromes, est décliné sur le haut de la toile, flottant dans l’éther au-dessus d’une éclipse. Spirales, cercles, filaments et faisceaux traduisent une recherche de l’harmonie cosmique et des forces invisibles qui régissent le monde.
« Hilma af Klint », au Grand Palais × Centre Pompidou, jusqu’au 30 août
