
Elle met en scène des figures pop pour interroger notre époque. Juliette Navis, actrice, réalisatrice et metteuse en scène, aime mettre au premier plan nos dysfonctionnements, mais toujours avec humour. Avec J.C., elle imaginait le double de l’acteur belge Jean-Claude Van Damme, joué par Douglas Grauwels, pour exposer notre relation à l’argent et notre éloignement du vivant. Puis, avec Céline, elle interrogeait nos tentatives de fuir la mort en dévoilant la vie frénétique d’un sosie de la chanteuse québécoise Céline Dion, incarné par Laure Mathis.
Pour clore cette trilogie dédiée aux figures populaires, elle reproduit le décor coloré et extravagant des films du réalisateur espagnol Pedro Almodóvar et en fait l’écrin d’une histoire de science-fiction. Pedro met en scène Beatriz et José Manuel, acteurs de telenovelas, mais aussi Juan et Pepa, êtres imaginaires qui se rencontrent dans une station spatiale futuriste au décor vintage des seventies. Des personnages incarnés par les comédiens des deux premiers volets de la trilogie, qui imitent l’accent espagnol tout du long. À coups d’échanges vifs et d’adresses directes au public, ces personnages hauts en couleur traversent des thématiques phares du cinéma d’Almodóvar, comme le désir, la sexualité et le plaisir. L’éternel motif de la dispute de couple hétérosexuel au théâtre est un prétexte pour sonder les relations entre hommes et femmes, en s’appuyant sur les réflexions sur le genre de l’autrice américaine de science-fiction Ursula K. Le Guin. La promesse d’un nouvel objet décalé, plus profond qu’il n’y paraît.
de Juliette Navis, au Centquatre, lors du festival Les Singulier·es, du 29 au 31 janvier
