
Viva est d’abord une histoire d’écrasement. Celui d’un sein entre les plaques d’un mammographe dès la scène d’ouverture. Celui d’une ville, Barcelone, et ses habitants, par une chaleur étouffante. Celui d’une vie, enfin. Celle de Nora, 40 ans, chercheuse en biologie qui vient de réchapper d’un cancer et reprend le cours de l’existence, avec un compagnon parfait et des collègues attentionnés ce qui, bizarrement, ne l’empêche pas de se sentir toujours oppressée.
La Catalane Aina Clotet filme et interprète le paradoxe de cette renaissance écrasée avec beaucoup de douceur puis, très vite, un humour ravageur, qui viendra d’une scène de vomi à faire passer Ruben Östlund pour un petit joueur et de personnages secondaires délicieux. Il y a cette amie enceinte persuadée que le bébé va mourir, et qui prépare un deuil avant même la naissance. Ces parents inadaptés qui la confondent avec leur meilleure pote ou racontent qu’ils menaçaient de la jeter du balcon pour obtenir un câlin. Ce cousin de l’amie, enfin, d’une insolente beauté, qui l’assaille de messages crus.
Virevoltant, lumineux et chaud, Viva semble raconter la course folle de Nora pour rajeunir ses cellules – le sujet de ses recherches – dans un monde en proie à l’écoanxiété et au narcissisme patenté… jusqu’à ce qu’une gravité justement dosée rappelle qu’il s’agit là, surtout, d’apprendre à apprivoiser la possibilité de la mort.
Retrouvez tous nos articles sur la 79ème édition du Festival de Cannes ici.
