
Réalisateur des documentaires Retour à Reims (fragments) ou Se souvenir d’une ville, Jean-Gabriel Périot se penche ici sur le destin hors du commun de Michèle Firk : née en 1937, cette grande passionnée de cinéma fut à la fois une critique à la plume inspirée (qui écrivit notamment pour la revue Positif) et une combattante révolutionnaire ayant œuvré pour le FLN algérien puis pour les guérillas d’Amérique latine qui l’ont menée jusqu’à Cuba et au Guatemala.
Pour rendre compte de cette vie éprise de liberté et d’indépendance où l’amour du septième art fut jusqu’au bout étroitement lié à l’engagement militant (Michèle Firk se suicida en 1968, à l’âge de 31 ans, alors qu’elle se trouvait au Guatemala et était sur le point d’être arrêtée par la police locale), le cinéaste utilise des photographies d’époque et relie les nombreux écrits de Michèle Firk auxquels il a eu accès à diverses images de films pour bien saisir le cheminement cinéphile et politique qui fit notamment d’elle une admiratrice du cinéma d’Alain Resnais.
Si cette trépidante somme de textes est lue par la voix de l’actrice Nadia Tereszkiewicz, Jean-Gabriel Périot a choisi d’ajouter au film une deuxième voix off, lue par la cinéaste Alice Diop (réalisatrice de Saint Omer), à travers laquelle Périot s’adresse directement à la défunte Michèle Firk en la tutoyant. Créant une sensation d’intimité et saluant la modernité de la pensée antiraciste et anticolonialiste de cette figure engagée dont les combats restent particulièrement pertinents en 2026, cet usage de la voix off renforce l’aspect poignant de ce film coproduit par Marie-Ange Luciani (productrice d’Anatomie d’une chute, de Justine Triet).
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