Avec « Ton animal maternel », Valentina Maurel filme la recherche d’une chambre à soi

Dans son second long, présenté à Un certain regard cette année, la Franco-Costaricienne offre une ampleur nouvelle à l’univers familial et citadin déjà voluptueusement déployé dans son premier film « J’ai des rêves électriques » (2023).


7 photos du film format paysage siempre soy tu animal materno

On ne sait jamais bien si Elsa revient au Costa Rica pour de bon : après des études en Belgique et un amoureux laissé derrière elle, la vingtenaire investit un espace – un appartement en travaux dans un immeuble de la bouillonnante San José – qui illustre l’entre-deux et le déplacement constant.

Où s’insérer entre son autrice de mère, dont le sulfureux premier texte de poésie est réédité, son père accaparé par sa nouvelle conquête, et sa jeune sœur, qui campe dans la maison familiale avec des inconnus ? C’est cet endroit d’instabilité que le film explore, suave et libre, avec l’air de porter en lui les mêmes doutes qu’Elsa (formidable Daniela Marín Navarro, découverte dans J’ai des rêves électriques) – dont il s’empare parfois subitement du regard, en caméra subjective –, calé sur son rythme, sans jamais nous offrir de coup d’avance sur la trajectoire de la jeune femme.

Et si Valentina Maurel retrouve ici des lieux, dont la mal-aimée capitale du Costa Rica, et des personnages qu’on peut rattacher à son premier long, elle s’emploie valeureusement à étendre son lore cinématographique. Photographié avec une sensualité terrible, Ton animal maternel suit les errances et emballements des trois femmes dont on infiltre le quotidien, dans une envoûtante arythmie où battent des cœurs mus par la recherche d’une chambre à soi.

Ton animal maternel, de Valentina Maurel, JHR Films (1h45), sortie le 7 octobre