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Sur France Ô ce soir : « Loving », le beau film d’amour terre-à-terre de Jeff Nichols

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L’Américain Jeff Nichols transpose l’histoire vraie d’un couple mixte persécuté par l’État ségrégationniste de Virginie à la fin des années 1950. Le film est diffusé ce soir à 22h04 sur France Ô. On vous dit pourquoi il ne faut pas le rater.

Illégal, le mariage de Mildred et Richard Loving (c’est leur nom) les condamne à un exil de près de dix ans dans le district voisin de Columbia. Nichols dit avec précision l’infinie violence d’un racisme institutionnalisé et l’impact de l’histoire des Loving sur le mouvement des droits civiques – emmené par la combative Mildred Loving (impressionnante Ruth Negga), le couple a porté l’affaire jusque devant la Cour suprême des États-Unis.

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Mais le cinéaste, dont tous les films témoignent d’une grande estime à l’égard de la sentimentalité des personnages (Shotgun Stories, Take Shelter, Mud, Midnight Special), bouleverse surtout par sa manière de rendre hommage à la patience et à l’abnégation des Loving pour faire exister leur amour.

Raccord avec les personnages humbles et renfrognés de l’Amérique rurale qui peuplent son cinéma (ici, l’acteur Joel Edgerton, taiseux à souhait, fait des merveilles), Nichols filme le grand amour sans envolées lyriques (mouvements de caméra caressants, lumière douce, musique discrète) mais comme une force tranquille et insubmersible, installée dans un quotidien simple et ancrée dans le sol poussiéreux du sud des États-Unis. C’est la puissance et la singularité de Loving, beau film d’amour terre à terre.

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3 QUESTIONS À JEFF NICHOLS

Avez-vous abordé le film comme un biopic ?

Je l’ai plutôt envisagé comme un instantané d’une période précise, quoiqu’assez longue, de leur vie. Je l’ai abordé en termes de saisons, car l’enjeu était de montrer le passage du temps. C’est une grande part de leur punition : on les a privés de temps dans la maison qu’ils s’étaient choisie.

Comment décririez-vous Mildred Loving, la vraie héroïne du film?

C’est elle, l’agent du changement. C’était une femme magnifique, pleine de grâce. Après la mort de son mari, elle a dit : «Il me manque, il prenait soin de moi.» C’est à la fois très beau et très modeste, car, comme on le voit dans le film, c’est elle qui prend soin de lui. Tout est là.

À la douceur de l’histoire d’amour s’oppose la brutalité policière.

Oui, je voulais faire ressentir une violence psychologique diffuse, cette peur permanente qui est la nature insidieuse du ségrégationnisme. Particulièrement dans les États du Sud, la communauté noire est encore aujourd’hui traitée différemment des autres, notamment par la police.

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