« Sham » de Takashi Miike : un thriller vertigineux sur la vérité

Si vous avez aimé « Fjord » et « Anatomie d’une chute », « Sham » est pour vous. Takashi Miike (« First Love. Le dernier yakuza », « 13 Assassins ») réalise un nouveau traité d’ambiguïté percutant autour de la vérité et de la justice.


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Le dernier film de Justine Triet ou celui plus récent de Cristian Mungiu vous tourmentent encore ? Dans ces deux longs métrages, on assistait à un conflit inextricable entre deux parties, entre deux vérités. Les spectateurs devaient trancher, avec leur sensibilité, leur conception de la morale et de la justice. Voilà que Takashi Miike débarque avec un nouveau film bien emmêlé.

Soit un professeur (Gō Ayano), accusé de harcèlement envers un élève par la mère de celui-ci (Kō Shibasaki). Le cinéaste alterne sans prévenir la vision de l’instituteur et celle de la mère, nous faisant toujours douter de celle que l’on voit. D’abord, le premier a des propos racistes sur la « pureté » japonaise visant l’élève, ou commet des violences physiques sur celui-ci. Plus tard, on se demande si ces séquences ne correspondent pas à ce qu’imagine la mère, car le professeur dit ne pas comprendre pourquoi il est accusé, persuadé de n’avoir rien fait.

Un troisième point de vue vient s’agréger : celui des médias. La machine s’emballe, et nous embrouille encore plus. Au risque du relativisme, Takashi Miike joue avec nos nerfs, et embrasse tout ce que le film de procès peut avoir de casse-tête et compter de dilemmes, surtout grâce à la grande versatilité de ses interprètes.

Sham de Takashi Miike, Art House (2 h 09), sortie le 16 septembre